Grève du 29 septembre : la Guyane appelée dans la rue pour soutenir la fonction publique
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Grève du 29 septembre : la Guyane appelée dans la rue pour soutenir la fonction publique

Gérôme GUITTEAU, g.guitteau@agmedias.fr
Baptiste Larcher, du Snetaa-FO ; Jacqueline Arnaud, de FO ; Sabine Lagrèze de Sud-Solidaires ; Bruno Niederkorn, de l'UTG ; Denys Oltra du Sens, Sully Jaïr du Snuipp et Floent Hennion du Snes ont tenu une conférence de presse à Mont-Lucas pour appeler à la grève mardi 29 septembre.
Baptiste Larcher, du Snetaa-FO ; Jacqueline Arnaud, de FO ; Sabine Lagrèze de Sud-Solidaires ; Bruno Niederkorn, de l'UTG ; Denys Oltra du Sens, Sully Jaïr du Snuipp et Floent Hennion du Snes ont tenu une conférence de presse à Mont-Lucas pour appeler à la grève mardi 29 septembre. • GG

L'intersyndicale s'inquiète des 54 milliards d'économie du budget 2027 alors qu'elle réclame des hausses de salaires, la fin de la précarité et des moyens pour les services publics

La fonction publique est en grève, mardi 29 septembre dans toute la Guyane. Elle répond à l'appel national qui réclame des hausses de salaires, la fin de la précarité et des moyens pour les services publics.

Décliné localement, cet appel rassemble toutes les fédérations présentes sur le territoire dans les trois fonctions publiques : d'État, hospitalière et territoriale.

À Cayenne, le rassemblement est fixé à 7h30 devant le centre de gestion de la fonction publique, avenue Pasteur. Le cortège rejoindra ensuite le boulevard Mandela, jusqu'à la place des Chaînes brisées, puis la préfecture,via l'avenue du Général-de-Gaulle. À Saint-Laurent-du-Maroni, les agents se retrouveront à 9 heures sur le giratoire d'entrée de la ville avec un barbecue revendicatif. A Kourou, les gens se rassemblent à 9 heures devant la mairie.

Pour les organisateurs, la journée est centrée sur une question : les salaires. " On ne sait pas trop en parler car pendant longtemps avec le chômage très présent, on nous disait privilégiés avec la sécurité de l'emploi, mais à force ça se voit ", résume Denys Oltra, du Snes. Entre 2010 et 2026, l'inflation a atteint 28 %, quand les traitements des fonctionnaires n'ont progressé que de 14,6 %. Le gel des carrières et le blocage du point d'indice sont qualifiés, lors de la conférence de presse de l'intersyndicale, samedi à 14 heures à Mont-Lucas, de " provocation suprême ", et le budget de l'État fournit, selon lui, " 54 milliards de raisons de faire grève ".

L'école en première ligne

Le malaise est particulièrement visible à l'école. Pour Sully Jaïr, du SNUipp, il tient d'abord à la " dégradation des conditions de travail " :  pas de revalorisation salariale, donc un recrutement " encore plus compliqué " et une difficulté croissante à attirer des enseignants. " On manque de profs spécialisés, de médecins, de psychologues, d'AESH, de tout le personnel qui permet de faire fonctionner une école dans de bonnes conditions ", déplore-t-elle. La canicule, qui arrive désormais plus tôt, impose selon elle de revoir le bâti scolaire et d'installer des climatisations. " Cette manifestation est un cri de colère " adressé au gouvernement.

Les ensignants pointent la situation dans les établissements scolaires : l'enveloppe des heures supplémentaires (HSE) s'effondre dans le secondaire et fonctionne sans perspective au-delà du trimestre. Des dizaines d'enfants bénéficiant d'une notification d'AESH restent " livrés à eux-mêmes ", faute de financement. Le nettoyage des classes est très inégal selon les entreprises retenues, depuis l'externalisation par la CTG.

La précarité, angle mort du service public

C'est sur la précarité que Bruno Niederkorn, de l'UTG, met l'accent. Elle touche selon lui tous les services publics, avec des vacataires et des contractuels sans concours pour les intégrer, notamment dans les communes enclavées, où la part de non-titulaires atteindrait 70 %. Jacqueline Arnaud, De Force ouvrière dénonce aussi une inégalité de traitement flagrante : "les volontaires en service civique embauchés via la préfecture perçoivent 1 400 euros si'ls ont une adresse dans l'Hexagone, contre 800 si l'adresse est en Guyane. Même travail, mais pas même salaire. " Pour elle, " ce n'est pas la Guyane qui n'est pas attractive, c'est le salaire ".

À l'hôpital, la situation n'est pas meilleure : " Les gros achats de machines, c'était un à trois millions d'euros, cette année c'est zéro, " assure Bruno Niederkorn. Il dénonce la " cacophonie " autour des PMI (Protection maternelle et infantile) que la CTG abandonnerait au profit des hôpitaux de proximité : " Si c'est vrai, c'est le contraire de la politique menée depuis quarante ans. "

" Ras-le-bol " et appel à l'ensemble de la population

Ce ras-le-bol est aussi celui de Sabine Lagrèze, de Solidaires, qui a le dernier mot : " Ras-le-bol de dix ans de macronie, de 107 milliards d'euros de dividendes pour les actionnaire distribués cette année.  La moitié du patrimoine est détenue par 10 % de la population. Les services publics sont les parents pauvres de tout ça. " Elle veut voir " un maximum de personnes dans la rue pour dire à Macron qu'on ne peut pas continuer. "

" Ce sont toutes les personnes qui ne peuvent pas accéder à des soins basiques. Toute la population est concernée, elle doit se joindre à nous. " Pour l'intersyndicale, ce mardi doit être " un début de quelque chose, pas un petit tour de rentrée ", avec la volonté que ces sujets ne soient pas " les grands oubliés " de la présidentielle de 2027.

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