Xavier Nelson du MDES : «On doit se mobiliser. Notre dignité n'est pas à négocier»
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Visite officielle de Manuel Valls

Xavier Nelson du MDES : "On doit se mobiliser. Notre dignité n'est pas à négocier"

Gérôme GUITTEAU, g.guitteau@agmedias.fr
Eline Grand-Emile, Karine Cresson-Ibris, Xavier Nelson et Fabien Canavy du MDES appellent la population à se mobiliser lors de la venue du ministre Valls
Eline Grand-Emile, Karine Cresson-Ibris, Xavier Nelson et Fabien Canavy du MDES appellent la population à se mobiliser lors de la venue du ministre Valls du 14 au 18 juin 2025. • GG

Un appel à la mobilisation qui n'a pas encore dit la forme qu'elle pourrait prendre.

Conscientisation, mobilisation, dignité bafouée, insécurités plurielles. La cocotte-minute commence à siffler, d'après le Mouvement de décolonisation et d’émancipation sociale. Lors d’une conférence de presse, mercredi matin, le parti indépendantiste a lancé un appel à la population pour « veiller à la cohérence des élus » lors de la visite officielle du ministre des Outre-mer Manuel Valls, du 14 juin au 18 juin.

« On doit se mobiliser. Notre dignité n’est pas à négocier, » tance en préambule Xavier Nelson. « La population est piquée dans sa dignité avec les derniers propos des différents ministres : Carenco, Guévenoux, Lecornu, Darmanin. Nous comptons sur un positionnement fort des élus et de la population. Nous nous sommes concertés avec différentes associations pour ce faire, » assure Eline Grand-Emile, du bureau politique.

 

 

La forme de cette mobilisation n’est pas encore connue. Le parti, qui compte dans ses rangs le député Castor, souhaite la tenue d’un congrès. « Cela serait un idéal. Manuel Valls doit venir pour discuter de comment la Guyane peut prendre les rênes de son autonomie. Nous attendons des engagements sur l’autonomie, la méthode et les échéances à venir. La population sera ainsi prise à témoin, loin du huis clos. Elle ne sera pas exclue de ces discussions, » explique Fabien Canavy, le secrétaire général.

 

Pas d'agenda centré sur l'autonomie
 

Problème : pour l’instant, rien n’indique, dans l’agenda du ministre, une réunion sur l’autonomie, selon le mouvement, alors qu’il a officiellement placé cette visite sous le signe de l’évolution statutaire : visite d’un club de boxe, du grand port maritime...

« On sait comment ça se passe. On n’obtient rien sans la mobilisation de la population. C’est malheureux, mais c’est à chaque fois pareil. L’avenir de la Guyane ne peut pas se décider lors d’un dîner républicain. La Guyane a besoin de compétences locales. Nous le demandons et nous y travaillons depuis 1997. Un travail immense a été réalisé par la société civile. Il y a un projet. On ne peut pas faire fi de tout ce travail. Cela vaut pour l’État, mais aussi pour les élus locaux qui manquent de dynamisme sur la question, » fustige Fabien Canavy.

Pour autant, il refuse de faire de ce thème un enjeu des municipales. « Cela ne fait pas partie de nos débats. Il faudrait poser la question aux sortants. »

 

L'autonomie un enjeu des prochaines municipales
 

Un avis pas partagé par Karine Cresson-Ibris, élue territoriale et membre du bureau du MDES : « La question statutaire doit être non pas un enjeu, mais *l’*enjeu des municipales. Ce sujet doit pénétrer partout en Guyane. Il devrait être vulgarisé, étudié à l’université. Les maires se sont positionnés. Ils devront répondre. »
« Les maires siègent au Congrès, donc ils ne sont pas spectateurs mais acteurs du processus. Les futurs candidats doivent le comprendre, » complète Eline Grand-Emile.

« Si on devait débattre de sujets lors des municipales, il faudrait parler des dotations des communes. Nous n’avons pas les mêmes que celles de la France hexagonale. Le sujet de l’octroi de mer devient un pis-aller, c’est une ressource fourre-tout qui fait qu’on ne s’interroge pas sur d’autres ressources éventuelles. Cet octroi de mer est pervers puisque, plus la consommation augmente, plus les collectivités s’enrichissent. C’est pareil pour le carburant. On pourrait avoir une autre approche sur les taxes et leur niveau. Pour l’instant, ce financement se retourne contre la population dans le cadre de la vie chère, » précise Fabien Canavy.

 

"Insécurité permanente"
 

Une population qui a « la tête dans le guidon », selon le mot du secrétaire général. « Ce que nous lui proposons, c’est de lever la tête pour voir notre potentiel et aussi le marasme dans lequel nous sommes. Cette insécurité permanente dans tous les domaines : santé, emploi, économie... Nous sommes persuadés, au MDES, qu’avec ce travail préalable, quand on demandera le soutien de la population, il viendra. Et cela va arriver bien plus tôt qu’on le pense, » prédit l’ancien élu à la Région.

Dans quelques jours, le MDES pourra savoir s’il a l’oreille de la population ou si la mobilisation de 2017 n’appartient plus qu’aux pages déjà jaunies de l’histoire de la Guyane.

 

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