Rétention administrative : Retailleau veut exclure les associations
Les associations pourraient bientôt être exclues des centres de rétention.
En Hexagone, les 27 CRA actuels offrent une capacité totale de 1 950 places, jugée insuffisante par le ministre Retailleau. Trois nouveaux centres sont prévus à Dijon, Dunkerque et Bordeaux dès l'année prochaine, avec une extension de 30 % des capacités à Metz. En Guyane, le centre de rétention de Matoury, unique sur le territoire, est prévu pour accueillir 38 personnes.
Des associations concernées par cette mesure dénoncent une « régression » des droits des personnes enfermées, évoquant une « volonté délibérée d'affaiblir les capacités des retenus à exercer leurs droits ». En Guyane, la Cimade est en première ligne pour assurer l'information et l'assistance juridique des personnes placées en rétention, confrontées à des délais prolongés, parfois jusqu'à 210 jours pour les individus jugés potentiellement dangereux.
« La vérité, c’est que certaines associations, à qui l’État a confié des missions et qu’il rémunère avec l’argent du contribuable, outrepassent leurs missions et se retournent contre l’État, entravant son action par pur militantisme », attaque Bruno Retailleau.
Pour Retailleau et ses soutiens, cette réforme permettrait de rationaliser les dépenses publiques, avec une économie estimée à 6,5 millions d’euros. Ils estiment que l'intervention des associations contribue à l'encombrement des tribunaux, en multipliant les recours administratifs. Une position contestée par les associations, qui pointent une volonté de réduire l'accès aux droits fondamentaux des personnes retenues.
Le texte doit maintenant être examiné par l'Assemblée nationale en procédure accélérée. En Guyane, la question reste sensible, alors que les flux migratoires sont en augmentation et que les dispositifs de rétention sont sous pression.

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