Palika : un quartier pousse entre trois monts
620 logements, un groupe scolaire et des commerces vont bientôt voir le jour dans ce quartier situé à la frontière entre Cayenne et Rémire-Montjoly. Avant le début de la construction, le quartier a pourtant dû régler certaines contraintes environnementales. Le futur problème des embouteillages n'a, lui, pas encore été réglé.
Un nouveau quartier est en train de voir le jour, à Cayenne. Situé dans une cuvette, entre le mont Saint-Martin, le mont Lucas et la montagne du Tigre, l'emplacement du programme Palika est atypique. Cette opération d'intérêt national (OIN), portée par l'EPFA (Établissement public foncier et d'aménagement) Guyane, lancée depuis 2017, a mis du temps à venir.
Les travaux d'aménagement, commencés en 2019, se sont achevés en 2023. Mais on remarque enfin la construction des premiers logements, dont le premier lot devrait être livré en 2025. Ce sont, à terme, près de 620 logements qui seront érigés sur cet espace de 15 hectares. 60% d'entre eux seront en "locatif social et en accession aidée et 40% en accession classique," selon l'EPFAG. Ce projet, labellisé écoquartier, doit également voir la construction d'un groupe scolaire de 20 classes et 1 200 m² dédiés aux activités et commerces. Un libre-service, un centre paramédical, ou encore une crèche sont déjà prévus. Le quartier sera aussi agrémenté d'un "parc urbain" de 3,5 ha.
Des contraintes environnementales
Si Palika a mis tant de temps à venir, c'est pour plusieurs raisons. La principale se trouve dans les contraintes de son environnement. L'enclavement au milieu des monts place la zone en risque d'inondation. Cette difficulté a été contournée par la réalisation de deux bassins de compensation, crées pour gérer les eaux pluviales du secteur.
Qui dit mont sur l'Ile de Cayenne, dit aussi risque d'éboulement. Un risque particulièrement accru sur la façade du mont Lucas tournée vers l'écoquartier. Celle-ci a notamment servi, par le passé, de carrière informelle. Romain Pinaud, directeur d'opération à l'EPFA, retient justement de ce projet cette "résilience" et cette "capacité à transformer les contraintes et les valoriser en atout."
Une route d'accès déjà embouteillée
Une autre contrainte n'a pas encore été totalement adressée : celle de la circulation. La route des Encens qui dessert le secteur est déjà embouteillée quasi quotidiennement. Or, au regard du nombre de logements, ce sont près de 1200 véhicules supplémentaires qui y circuleront tous les jours. La ville de Cayenne, et la ville de Rémire, voisine immédiate, ont toutes deux mandaté l'EPFAG pour qu'une étude de mobilité soit réalisée afin que l'axe soit requalifié. Romain Pinaud estime : "Le vrai objectif serait d'élargir le gabarit de la route". Lionel Ramlall, directeur de l'aménagement urbain et de la construction à la mairie de Cayenne souhaiterait que des "accotements" soient réalisés. "La ville de Cayenne est prête à aider", assure-t-il. Cette étude doit être rendue pour 2025. Il est en tout cas certain que l'agrandissement éventuel de la route ne sera pas réalisé avant la livraison des premiers logements.
Sandra Trochimara, maire de Cayenne, qui a déjà vu une part importante "d'urbanisation incohérente" dans sa commune, est tout de même satisfaite de ce projet. C'est, pour elle, une "avancée significative pour notre quête vers un urbanisme et une ville durable."
Pour cause, le TCSP, passera, à terme, au cœur du quartier. Rappelons, en effet, qu'une seconde phase de travaux prévoit de relier Mont-Lucas à la mairie de Remire-Montjoly.

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters