Narcotrafic : Serge Letchimy réclame le "100% contrôle" en Martinique
Le président de la CTM a lancé l'alerte sur la submersion de la Martinique par le trafic de drogue auprès du ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau. En tournée parisienne, Serge Letchimy a également rencontré le ministre des Outre-mer, Manuel Valls et doit avoir un rendez-vous de travail ce mardi avec Catherine Vautrin, ministre du Travail et de la Santé.
"Nous sommes face à une réalité très grave : sur 54 tonnes de cocaïne saisie en France et dans l'Outre-mer, 32 tonnes l'ont été en Martinique ! Pas aux Antilles, en Martinique ! " C'est afin de porter cette réalité brutale à la connaissance du gouvernement – selon lui, la Martinique est devenue "une cible" des narco-trafiquants à l'échelle mondiale et le tissu social est gravement menacé par le trafic d'armes, d'herbe et de cocaïne – que Serge Letchimy, le président du conseil exécutif de la Collectivité territoriale de la Martinique (CTM) a interpellé Bruno Retailleau.
Au ministre de l'Intérieur, l'un des membres les plus en vue du gouvernement, le président de la CTM a aussi réclamé la mise en place de moyens adaptés à ce fléau - "car c'est la compétence de l'État, il s'agit du domaine régalien" - et en particulier "un dispositif 100% contrôle, comme en Guyane ", au port et à l'aéroport. "J'ai trouvé un ministre de l'Intérieur direct, clair et à l'écoute, je suis maintenant dans l'attente des propositions qu'il va faire", se félicite Serge Letchimy.
"Si l'État ne compense pas, nous irons au tribunal"
La situation économique délicate de la CTM est aussi au programme de cette tournée parisienne des ministères. "Je répète une énième fois que nous avons trouvé un trou de 270 millions d'euros, non-inscrit, masqué, en 2010, s'indigne Serge Letchimy, au sortir d'une réunion avec le ministre des Outre-mer, rue Oudinot. Je ne veux pas que ma responsabilité pénale soit engagée : j'ai clairement indiqué à M. Valls que nous allons devoir reconnaître ce trou ! L'État doit nous accorder des aides exceptionnelles en plus de celle de 50 millions d'euros qui nous a déjà été accordée mais pas versée. Nous versons également chaque année 150 millions d'euros d'aide sociale, comme le RSA par exemple, qui ne nous sont pas compensés. Si l'État ne compense pas, nous irons au tribunal."
Les suites à donner à l'appel de Fort-de-France étaient également au menu de la discussion entre Manuel Valls et Serge Letchimy. Ce dernier plaide inlassablement pour "un changement de modèle de grande ampleur" qui passe par une réforme institutionnelle, mais aussi "par une réforme économique contenue dans sa proposition de projet de loi d'orientation". Le président de la CTM en a soumis une version au ministre d'État, à quelques jours de sa visite aux Antilles.

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