Marie Guévenoux, ministre délégué aux Outre-mer : «Avoir une piste c'est mieux que de n'avoir aucune route. Ce sont les élus locaux qui le disent.»
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Marie Guévenoux, ministre délégué aux Outre-mer : "Avoir une piste c'est mieux que de n'avoir aucune route. Ce sont les élus locaux qui le disent."

Gérôme GUITTEAU
Marie Guévenoux lors d'une séance à l'Assemblée nationale
Marie Guévenoux lors d'une séance à l'Assemblée nationale • AFP

La séance de questions au gouvernement a été mouvementé, ce mardi à l'Assemblée nationale. Après que le drapeau palestinien a été brandi en début de séance par un député de La France Insoumise, Jean-Victor Castor est intervenu au sujet du désenclavement. La réponse de la ministre déléguée aux Outre-mer a été cinglante et provoque déjà la polémique.

Le sujet du désenclavement est revenu sur la table lors d'une séance de questions au gouvernement particulièrement agitée, mardi 28 mai. C'est le député Jean-Victor Castor qui l'a remis dans l'actualité en interpellant le gouvernement.

Jean-Victor Castor pose une question au gouvernement
Jean-Victor Castor pose une question au gouvernement • AFP

"La Guyane, c'est sept communes sur 22 qui sont enclavées. Des dizaines et dizaines de personnes meurent régulièrement à cause de cet enclavement. Il tue des personnes mais aussi le système éducatif, sanitaire, l'économie. Il tue aussi l'espoir. En 500 ans de présence, la France n'a construit que 440 km de routes nationales," fustige le député, membre du Mouvement de décolonisation et d'émancipation sociale (MDES).

La route Bélizon-Saül actée en 2007

Il rappelle que la route entre Bélizon et Saül a été actée en 2007. Le schéma d'aménagement régional de 2016, validé par l'État, prévoit le désenclavement routier.

"En 2024, le président de la République annonce que le génie militaire va faire une étude pour construire une route en terre, entre Papaïcton et Apatou, afin de désenclaver près de 40 000 personnes. Quelle parole peut être crédible ici dans cette assemblée au sein de ce gouvernement si le président lui-même ne respecte pas ses engagements ?", a-t-il conclu son intervention.

Pas de politique de la chaise vide

La ministre déléguée aux Outre-mer, Marie Guévenoux lui a répondu plutôt vertement : "Le président de la République est venu deux fois en Guyane, et plutôt que de l'interpeller ici, il aurait mieux fait  que vous soyez présent lorsqu'il a réuni tous les élus de Guyane pour parler de ces sujets. Ce n'est pas la politique de la chaise vide qui va servir la Guyane."

Elle a rappelé les efforts du gouvernement afin d'améliorer les transports routiers en Guyane : "320 millions d'euros ont été consacrés aux transports et aménagements routiers dont 119 millions d'euros sur la RN1 entre Cayenne et Kourou. Avoir une piste, c'est mieux que de n'avoir aucune route. Ce sont les élus locaux qui le disent.

Dernier point : Le désenclavement, c'est aussi le transport aérien et là, c'est la CTG (Collectivité territoriale) qui en a la compétence et le gouvernement de cette République finance à 30 % les lignes aériennes de la Guyane."

 

 

Dans son intervention, la ministre évoque une Guyane peuplée de 230 000 habitants, plus surprenant, ce sont les 30 % d'aide aux lignes aériennes guyanaises. On entend par cette expression, les lignes intérieures. Et les derniers chiffres revendiqués par la France correspondent à une aide 1,5 million d'euros dans le cadre d'une délégation de service public de 10 millions d'euros. On est plus proche des 10 % que des 30 % dans ce cadre-là.

 

 

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