Les écologistes alertent Emmanuel Macron à son arrivée en Guyane
Les Ecologistes (ex-Europe écologie les verts), Guyane nature environnement et WWF ont chacun de leur côté envoyé un message au président de la République, à l'occasion de son arrivée en Guyane.
Guyane Nature Environnement ont dégainé les premiers, dès hier, avec une lettre ouverte où l'association écologiste « s'inquiète des annonces qui pourraient être formulées par le Président de la République lors de son passage en Guyane, sous la pression croissante des miniers, notamment sur l'installation de miniers légaux sur des sites illégaux ». Une référence aux demandes de dérogation à un certain nombre d'obligations réglementaires formulées par la Fedomg en amont de la visite d'Emmanuel Macron.
GNE demande en conséquence au président de la république « que la filière minière légale respecte ses
obligations dans le cadre actuel, et que celles-ci soient maintenues, que l’orpaillage illégal cesse en y mettant les moyens et la stratégie appropriés afin d’éviter une destruction massive de notre patrimoine naturel et de la forêt amazonienne qui est gravement menacée à l’heure actuelle ».
Puis, ce lundi matin, alors que l'avion présidentiel touchait terre sur le tarmac de l'aéroport Felix Eboué, ce sont WWF et le parti Les écologistes qui sont rentrés dans la danse des lettres ouvertes. L'ONG au panda s'est carrément fendue d'un long dossier adressé aux médias, pour dénoncer tant l'orpaillage illégal que la pèche illégale. Comme GNE, WWF y affiche sa défiance envers l'orpaillage légal comme solution possible à l'orpaillage illégal. « La seule présence d’opérateurs miniers n’a jamais démontré d’effet repoussoir sur les chantiers clandestins alentour. Entre 2013 et 2022, 50% des sites miniers illégaux se situent en moyenne à moins de 4 km d’une mine officielle » rappelle ainsi l'organisation.
Reprenant les analyses d'autres observateurs ces dernières années, WWF préfère regarder du côté de la coopération internationale avec le Brésil et le Suriname si la Guyane espère réellement faire face au fléau de l'orpaillage illégal. Une préconisation faite notamment par... Emmanuel Macron en 2017, lors de sa précédente visite en Guyane. Un « engagement hélas resté quasi lettre morte sur le terrain », déplore l'association.
Enfin, Marine Tondelier, Secrétaire nationale Les Écologistes, qui vient de passer cinq jours en Guyane, s'est fendue d'une missive où elle estime la visite d'Emmanuel Macron sur le territoire trop courte. L'élue considère que les guyanais « méritent mieux qu'une escale de 24h », avant d'énumérer plusieurs points qui l'ont « profondément choquée et mise en colère » lors de son propre passage. Elle évoque ainsi l'investissement de France Relance dans sudmine ( « La DEAL, après consultation locale, a d’ailleurs émis un avis défavorable, ce qui est suffisamment rare pour être souligné. Mais « Paris » n’en a pas tenu compte et a émis un avis positif »), la pollution des fleuves, la souveraineté alimentaire ou encore l'accès à l'eau potable ou aux services publics.

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