Dayann Hégésippe : "Le tribunal administratif est le gardien du droit, pas un contre-pouvoir à l'administration"
Dayann Hégésippe, juge puis rapporteur public pendant deux ans auprès du Tribunal administratif, a partagé des opinions tranchées et courageuses tout au long de son service. Même si ce n'est pas lui qui rendait les décisions, ses avis argumentés et cultivés ont souvent fait mouche. On se souvient de "l'illégalité de la dérogation à l'interdiction de porter atteinte aux espèces protégées" dans le cadre de la future centrale du Larivot, des arrêtés préfectoraux anti-mules retoqués, ou encore des astreintes infligées à l'État dans le cadre des premiers rendez-vous pour la carte de séjour. Il quitte la Guyane pour Montreuil. France-Guyane en profite pour lui demander son analyse des affaires du pays.
Comment devient-on magistrat administratif en venant de la Guadeloupe ?
J'ai commencé par le métier d'avocat et très vite, après un stage auprès du Conseil d'État, j'ai compris que je voulais améliorer mes connaissances et ma compréhension de l'administration.
J'ai été très marqué par les 44 jours de grève menés par Élie Domota en 2009. Pour la première fois, je voyais cette figure puissante de l'administration française, le préfet, qu'on appelait gouverneur à l'époque, contredit et remis en cause par des membres de la population.
Je me suis alors dit que le tribunal administratif pouvait constituer un formidable contre-pouvoir.
Et cela m'a interpellé. Je ne pense plus comme ça aujourd'hui. Je pense que le TA n'est pas contre l'administration, il est plutôt un gardien du respect du droit et aussi un guide pour l'administration afin qu'elle atteigne ses objectifs. Il peut aussi la stopper quand elle s'éloigne du droit.
Vous...

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