La volte-face de Brunswijk provoque une onde de choc politique au Suriname
Après la date du 16 juillet, les mandats du président et du vice-président n'ont plus de légitimité.
Le chef de l'Abop (Parti général de la libération et du développement) s'isole et refuse de signer le dernier document qui acte la coalition avec le NDP (Parti national démocratique). La majorité des 34 voix pour désigner un président ne tient plus !
À une semaine de la réunion plénière de la nouvelle Assemblée nationale, la coalition vite formée au lendemain des élections du 25 mai explose. Les rumeurs allaient bon train depuis des jours sur un revirement possible de Ronnie Brunswijk, actuel vice-président du Suriname. Contre l'avis de son parti, l'Abop, il vient donc de confirmer sa volte-face.
La coalition éclate
Sur les 51 membres de la nouvelle Assemblée, élu fin mai, il en faut les deux tiers, soit 34, pour élire un président et un vice-président. Au lendemain des élections, il y a un mois, le NDP, sorti en tête avec 18 sièges, se pressait de réunir les autres partis, à l'exclusion de son rival VHP (Parti de la réforme progressiste), parti sortant ayant remporté 17 sièges.
Une coalition de six partis était ainsi formée, additionnant le nombre de sièges minimal pour atteindre le quorum. L'apport du parti Abop à cette coalition est de six sièges.
Patatras, hier soir, au moment de signer l'acte final qui scellait l'union. L'édile de l'Est, le Roi Bravo, reprenait sa parole. Alors que quatre postes de ministre sont promis à l'Abop, dont les stratégiques fonctions de Justice-Police et Ressources naturelles, il semble que la place réservée à Brunswijk comme vice-président de l'Assemblée, finalement, ne le rassasie pas du tout.
Les membres de son parti ont exprimé leur vif mécontentement et M. Brunswijk court actuellement le risque d'une mutinerie à bord du vaisseau ABOP.
Et maintenant ?
Le scénario qui se préfigure est donc celui d'une absence de majorité des deux tiers pour désigner qui seront président et vice-président de la République du Suriname. Le 30 juin, le doute sera levé sur la destinée du pays, après la tenue de la séance inaugurale de l'Assemblée. Si aucune nomination n'est confirmée, le pays devra alors réunir l'assemblée du peuple composée de 957 grands électeurs.
On annonce que cette procédure peut prendre des semaines pour être organisée. Rassemblant des tendances très diverses, les résultats du vote sont imprévisibles. Seront-ils l'image de l'expression démocratique du 25 mai ? La question se pose, et avec elle, celle de la stabilité sociale du pays.
Pour ajouter à la confusion, d'éminents constitutionnalistes indiquent qu'après la date du 16 juillet, les mandats du président et du vice-président n'ont plus de légitimité.
L'enjeu de l'immunité diplomatique
La crise de confiance qui sépare le peuple de sa représentation politique poursuit sa longue descente vers les abîmes. L'économie souffre et aurait besoin d'une stabilité qui apparaît bien improbable pour de longs mois.
Un commentateur politique soulignait il y a quelques jours qu'en démissionnant de son poste de vice-président, Ronnie Brunswijk perdait toute immunité diplomatique. Il ajoutait que, pour ces raisons, et afin d'éviter les poursuites judiciaires, " Bravo " accepterait toutes les combinaisons politiques pour garder son immunité. La volte-face politique d'hier donnerait-elle du crédit à cette analyse ?

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