Darmanin en visite trois jours à Mayotte pour parler immigration clandestine et sécurité
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POLITIQUE

Darmanin en visite trois jours à Mayotte pour parler immigration clandestine et sécurité

La Rédaction
Le ministre français de l'Intérieur, Gérald Darmanin, à Paris, en France, le 25 juillet 2022
Le ministre français de l'Intérieur, Gérald Darmanin, à Paris, en France, le 25 juillet 2022 • BERTRAND GUAY (AFP/ARCHIVES)

Gérald Darmanin et son ministre délégué aux Outre-mer Jean-François Carenco ont entamé hier leur déplacement.

 Il s’agit du deuxième déplacement ultramarin du ministre de l’Intérieur, depuis qu’il a récupéré en juillet le portefeuille des Outre-mer, après une visite à la Réunion début juillet. Gérald Darmanin, qui a tenu tout l’été un discours ferme sur l’immigration, entend revenir à Mayotte sur le sujet, objet d’un grand débat au Parlement à l’automne prochain avant la présentation d’un projet de loi. Il espère pouvoir inscrire dans ce texte l’obligation pour « l’un des deux parents (d’être) régulièrement depuis plus d’un an (contre trois mois actuellement, NDLR) sur le territoire (de Mayotte) afin que leur enfant soit reconnu comme Français », a-t-il déclaré dans un entretien au Journal du dimanche.

Cette mesure devait déjà figurer dans le projet de loi spécifique à Mayotte avorté début 2022 après son rejet par les élus locaux.

Selon l’Insee, près de la moitié de la population de Mayotte ne possède pas la nationalité française, mais un tiers des étrangers sont nés sur l’île. Pour lutter contre « les reconnaissances frauduleuses de paternité » pratiquées, dit-il, par des hommes en situation régulière aux bénéfices « d’enfants d’immigrés fraîchement arrivés », M. Darmanin annonce que « ces pères (devront) prouver qu’ils entretiennent l’enfant pendant trois ans et non plus seulement deux ».

Pendant sa visite, le ministre doit notamment se faire présenter les nouveaux moyens aériens et maritimes de lutte contre l’immigration illégale et visiter le centre de rétention administrative de Pamandzi. L’île, peuplée de 350.000 à 400.000 personnes selon les autorités, a vu sa population quadrupler entre 1985 et 2017 selon l’Insee, sous l’effet conjugué d’une forte natalité (plus de quatre enfants par femme) et de l’importante émigration d’habitants venus de l’archipel voisin des Comores. Le gouvernement met en avant ses chiffres de reconduites à la frontière, plus de 23.000 en 2021, soit une hausse de 78% par rapport à 2020, année marquée par le Covid, et l’augmentation des interceptions de « kwassas-kwassas », embarcations légères à moteur utilisées par les migrants comoriens.

Mayotte, où l’âge moyen s’élevait à 23 ans en 2017, peine à insérer sa jeunesse dans la vie active : l’an dernier, 25.000 jeunes de 15 à 29 ans n’étaient ni en emploi, ni en études, ni en formation, selon l’Insee, soit 36% de cette tranche d’âge, une part trois fois plus élevée que sur le reste du territoire français (13%). L’île, théâtre régulier d’affrontements entre bandes ou avec les forces de l’ordre, connaît aussi une délinquance élevée, bien plus importante qu’en France métropolitaine, avec quatre fois plus de dépôts de plainte pour cambriolages et des agressions physiques beaucoup plus fréquentes. Une insécurité alimentée par une grande pauvreté : 194.000 Mahorais, soit 74% de la population, vivent avec un niveau de vie inférieur à 50% de la médiane nationale, selon l’Insee.

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