Confiance à Bayrou : les députés antillo-guyanais votent contre
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Confiance à Bayrou : les députés antillo-guyanais votent contre

Stanislas NOYER, à Paris
La plupart des députés ultramarins voteront ce 8 septembre contre la confiance au gouvernement du Premier ministre François Bayrou
La plupart des députés ultramarins voteront ce 8 septembre contre la confiance au gouvernement du Premier ministre François Bayrou • PHOTO AFP

La plupart des députés antillais ou guyanais voteront ce 8 septembre contre la confiance à François Bayrou, Premier ministre.

« Je voterai contre la confiance au gouvernement », a assuré à France-Antilles Hebdo, Olivier Serva, député de la première circonscription de Guadeloupe. Pas une surprise : il était déjà le seul, au sein du groupe LIOT, à voter la censure du gouvernement Barnier, en décembre dernier. Même certitude affichée par Christian Baptiste, député PS de la deuxième « circo » de Guadeloupe: « je voterai contre ». 

Un vote qui, vu la consigne énoncée par le premier secrétaire du PS Olivier Faure, sera aussi celui de son collègue Elie Califer, l'autre élu PS de Guadeloupe.  

« Je ne me précipite pas, j'arriverai à Paris lundi matin. Et je dirai alors ce que je vais voter », temporisait en revanche jeudi Max Mathiasin, le second député LIOT de l'île papillonEn décembre, il n'avait pas voté la censure de Barnier, « pensant à la stabilité nécessaire à la Guadeloupe ». Cette fois cependant « une grande majorité chez LIOT votera contre la confiance », assure celui pour qui « Bayrou, c'est l'immobilisme ».

« Cet été, j'ai beaucoup écouté la société de Guadeloupe et c'est une insulte que de vouloir toucher aux petites retraites ». ajoute cet élu « de gauche »« Et j'ai aussi bien écouté les chefs d'entreprise, qui veulent de la stabilité ». Cette « sortie » qu'il croit avoir été convenue par Emmanuel Macron avec son premier ministre, « permet à Bayrou de sauver la face ». Mais « il laisse la France en piteux état ».

"Certains pensent trop à leurs nombrils"

« Jamais de la vie, je ne vote la confiance à ce gouvernement ! Ce 8 septembre, je voterai contre », annonce aussi Davy Rimane, député GDR de Guyane et président de la délégation aux Outre-mer de l'Assemblée. « Parce qu'ils sont en train de montrer à la Nation entière qu'ils jouent un jeu politique, plus encore que celui qu'ils jouent avec les outre-mer ». Il voit dans ce vote de confiance demandé par François Bayrou « une démission déguisée  ». Mais aussi « une opération de désamorçage » d'un Premier ministre qui « a constaté l'échec de la stratégie économique et sociale d'Emmanuel Macron depuis 2017, qui ne fonctionne pas ». Cela dit, il n'est pas moins sévère avec son propre camp, la gauche, et les coups échangés ces derniers jours entre Olivier Faure, l'écologiste Marine Tondelier ou les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon : « La gauche s'est tirée une balle dans le pied toute seule ! Ces combats de coqs sont incompréhensibles pour les citoyens de Guyane, comme de l'Hexagone », dénonce-t-il.

Avant de résumer : « Certains pensent trop à leurs nombrils, pas assez aux difficultés des gens à vivre ». Quant à l'appel « Bloquons tout » du 10 septembre, « Je ne crois pas à une mobilisation majeure en Guyane », disait-il jeudi. « L'injustice qui se crie aujourd'hui dans l'Hexagone, ça fait des années qu'on la vit outre-mer. J'ai envie de dire... Bienvenue au club ! ». 

 

Député GDR de Martinique, Marcellin Nadeau, votera lui aussi « comme l'ensemble de mon groupe, contre la confiance au gouvernement Bayrou ». C'est-à-dire contre l'intention de « contraindre toujours les mêmes : les chômeurs, les retraités, les classes populaires et moyennes ». Et la crainte que « les outre-mer et la transition écologique » (...) soient « les sacrifiés de la politique austéritaire ». Tout de même, il avoue « un seul regret » : « Que notre choix impactera également le ministre Emmanuel Valls, dont on ne peut que reconnaître l'implication et le volontarisme sur certains dossiers concernant lesdits outremer comme Mayotte, la vie chère ou la Kanaky-Nouvelle-Calédonie ».

Quant à Steevy Gustave, député écologiste de l'Essonne et fils de martiniquais, fier d'avoir été le « 25e député le plus actif à l'Assemblée cette année », il a voulu passer « beaucoup de temps en circonscription cet été ». Mais lui aussi votera lundi « contre la confiance à Bayrou, comme les députés de mon groupe ».

Et aussi

Parmi les 210 députés du « socle commun » - dont les 49 LR, pour certains réticents à voter la confiance, ont été encouragés par Nicolas Sarkozy à s'abstenir - qui doivent en principe soutenir lundi le Premier ministre, figureront tout de même des ultramarins qui n'ont pas répondu à France-Antilles Hebdo. Notamment Frantz Gumbs, élu de Saint Barth' et Saint Martin, et Maud Petit, élue du Val-de-Marne qui a grandie en Martinique et petite-fille de Camille Petit, ex-député de l'île aux fleurs où il fut l'un des fondateurs du mouvement gaulliste. Tous deux appartiennent, il est vrai, aux Démocrates (ex-Modem), le groupe, présidé par Marc Fesneau, des soutiens et amis de François Bayrou.

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