Caraïbes sous tension : le Venezuela saisit l'ONU après les frappes meurtrières de Trump
La crise diplomatique et militaire dans les Caraïbes a atteint un nouveau pic ce week-end. Le procureur général du Venezuela, Tarek William Saab, a demandé à l'ONU d'enquêter sur les frappes américaines qui ont détruit trois bateaux et tué une dizaine de personnes, qualifiées de "crimes contre l'humanité".
Le procureur général vénézuélien, Tarek William Saab, a porté l'affaire sur la scène internationale vendredi 19 septembre. Dans un communiqué, il a "fermement condamné les actes des États-Unis" et exigé de l'ONU "l'ouverture d'une enquête approfondie" sur les frappes qui ont visé trois embarcations dans les Caraïbes. Il accuse Washington d'avoir utilisé des missiles pour "assassiner des pêcheurs sans défense", des actes qu'il qualifie de "crimes contre l'humanité". Cette demande intervient après que le président Donald Trump a publié sur Truth Social une vidéo montrant ce qu'il présente comme une frappe ayant tué trois "narcoterroristes".
Les États-Unis, qui ont massivement déployé des navires de guerre, un sous-marin à propulsion nucléaire et des chasseurs F-35 à Porto Rico, défendent leurs actions. Donald Trump affirme que ces opérations, menées dans le cadre d'une campagne antidrogue, ont ciblé des bateaux transportant de la drogue vers les États-Unis et entraîné la mort d'une dizaine de personnes depuis le début du mois. Washington accuse ouvertement le président vénézuélien Nicolas Maduro de liens avec le narcotrafic et a même offert une récompense de 50 millions de dollars pour sa capture.
"Guerre non déclarée" et préparation à l'agression
Du côté vénézuélien, le ton est à la dénonciation d'une agression impérialiste. Le ministre de la Défense, Vladimir Padrino Lopez, a parlé d'une "guerre non déclarée". En réponse, l'armée vénézuélienne a organisé ce samedi une formation pour les civils en vue d'une éventuelle "agression américaine" et a conduit des exercices militaires sur l'île de La Orchila. Nicolas Maduro dénonce "un plan impérial visant à un changement de régime" pour " voler le pétrole" et le gaz du pays.
Signe de l'ampleur de la crise, la Colombie, pourtant allié historique des États-Unis dans la région, a vivement critiqué Washington. Sa ministre des Affaires étrangères, Rosa Villavicencio, a jugé la présence militaire américaine "disproportionnée" et a rejeté l'argument de la lutte antidrogue. "Cela n'a rien à voir avec la lutte contre le trafic de drogue", a-t-elle insisté, laissant entendre que les préparatifs américains viseraient en réalité à frapper le Venezuela pour provoquer un changement de régime. Cette prise de position marque une détérioration nette des relations depuis l'arrivée au pouvoir de Gustavo Petro en Colombie et le retour de Trump aux États-Unis.
Alors que les accusations volent de part et d'autre, une question cruciale plane : les États-Unis préparent-ils une frappe large sur le Venezuela ? Les frappes annoncées, les déploiements militaires massifs et les menaces de conséquences "incalculables" de Trump en cas de refus de reprendre les migrants clandestins alimentent les craintes d'une escalade. La région des Caraïbes, traditionnellement zone d'influence américaine, se transforme en épicentre d'une confrontation géopolitique aux implications potentiellement globales.

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