Béatrice Bellay et Jean-Victor Castor obtiennent gain de cause sur la suppression du malus sur les pick-up
Lors du débat sur la loi de finances 2025 et son article 8 qui souhaitait accentuer le malus écologique à l'achat de près de 80 % du parc automobile, la députée martiniquaise Béatrice Bellay et Jean-Victor Castor sont montés au créneau avec divers amendements. Ceux-ci ont été adoptés aboutissant à la suppression de l'article 8.
"On vote des mesures sans s'intéresser à l'impact qu'elles auront sur nos populations. En Guyane, il n'y a presque pas de routes, nous ne roulons donc quasiment qu'avec des pick-up ; pourtant, un malus écologique sur les pick-up nous a été appliqué. Vous avez pénalisé les agriculteurs, les artisans, les professionnels de toutes sortes et les familles qui habitent dans des lieux desservis par des pistes en terre. Il n'y a pas de transports en commun, l'État se désengage de l'investissement dans la construction de routes, et ce sont toujours les populations qui sont pénalisées."
Le propos de Jean-Victor Castor, samedi 26 octobre, à l'Assemblée nationale, résonne auprès des autres députés. Les applaudissements retentissent.
Le député guyanais s'oppose à l'article 8 du projet de loi de finances 2025. Celui-ci vise à "renforcer le caractère incitatif à la transition énergétique du malus sur les émissions de CO2 applicable aux véhicules de tourisme des particuliers et des entreprises."
En clair, un pick-up Toyota Hilux devient 13 000 euros plus cher, un Ford Raptor 70 000 euros plus cher selon le barème de l'article 8.
L'article 8 du PLF 2025
La charrue avant les bœufs
"Le Gouvernement s'obstine à taxer les populations et à éviter toute taxation des grandes entreprises. Vous ne pensez pas à tous les territoires, en premier lieu à ces pays des océans, bien trop loin de vos yeux pour mériter votre considération. Je veux vous rappeler que la plupart de nos pays des océans, dits d'outre-mer, n'ont accès qu'aux énergies carbonées, en l'occurrence fossiles. Je veux vous rappeler que les véhicules hybrides ou électriques coûtent 30 % plus cher dans nos pays. Je veux enfin vous rappeler que chez moi, en Martinique, plus de 50 % de la population vit avec moins de 1 500 euros", tance Béatrice Bellay, députée socialiste de Fort-de-France.
Economies sur les hôpitaux publics, absence de mesures contre les déserts médicaux, aucune réponse aux victimes du Chlordécone.
— Députés Socialistes et apparentés (@socialistesAN) October 28, 2024
Les pays des océans seront les premières victimes de ce budget de la sécurité sociale.
- @BeatriceBellay pic.twitter.com/LlJ30RE5Fz
Les autres mesures fiscales du PLF 2025
Des véhicules électriques qui, in fine, fonctionneront au fuel, puisque la production électrique en Martinique est majoritairement "carbonée."
Ainsi, l'utilité de ce malus renforcé pour favoriser la transition écologique concerne peu les Antilles. Outre le fait que cet article 8 mette un peu la charrue avant les bœufs, puisque les ventes d'automobiles électriques ne dépassent pas les 1 % en Guyane et les 10 % en France, il renvoie aussi à la production en amont... de l'électricité et aux objectifs fixés pour 2050 d'autonomie énergétique avec du 100 % renouvelable. La situation reste loin de cet horizon dans nos territoires même si la Guyane est avantagé avec notamment le barrage de Petit-Saut.
L'Assemblée nationale, sur les 220 députés présents, a voté en faveur des amendements proposés par le nouveau front populaire avec 128 pour et 90 contre. L'article 8 a donc été supprimé.

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