Procès d’assises : le jour où ma vie s’est arrêtée
Soutenez la presse écrite et France-Guyane : >ABONNEZ-VOUS !
DROIT DE SAVOIR

Procès d’assises : le jour où ma vie s’est arrêtée

Par Me Sonia PALOU, avocate du barreau de Guyane

Découvrez chaque semaine un sujet d’actualité du droit. Cette semaine, un procès d’assises vue par une victime, par Maître Sonia Palou.

Elle s’appelle X… Elle a été victime d’un braquage à son domicile l’été dernier. Ils sont rentrés chez elle sans un bruit, se sont emparés d’un objet qui traînait là, l’enquête dira qu’il s’agissait d’une pelle, l’ont bâillonnée, attachée, et malmenée, en répétant « gold, gold, money, money ».


L’un d’entre eux portait une arme de poing, elle brillait sous la lumière, son champ de vision se limite à elle. Elle semble trop réelle. Elle a vite compris que si elle voulait garder la vie sauve, elle allait devoir les laisser faire. Elle est seule, heureusement, les enfants ne sont pas là, ils dorment chez des copains.


Le chien a bien aboyé lorsqu’ils sont entrés, mais ils n’ont pas eu peur, ils ont pris soin de s’enfermer dans la maison après l’avoir traînée dans le salon, ligotée et bâillonnée, et la surveillent tout en fouillant chaque placard, chaque pièce, chaque recoin.


Quand l’un est sorti de la pièce, l’autre est resté à la surveiller. Elle a senti son œil torve, rougi, sans doute par une consommation excessive d’alcool ou de stupéfiants, peut-être les deux, il faut bien se donner du courage avant de se lancer dans ce genre d’expédition.


La Guyane avait été un tel coup de coeur


La Guyane avait été un tel coup de cœur, elle se remémore son arrivée en avion, la première fois qu’elle a survolé la forêt amazonienne, tout ce vert. Elle en était tombée amoureuse, avait décidé de prolonger son CDD de quelques mois, et de faire venir ses enfants.


Le plus grand des deux est revenu, apparemment ils ne sont pas contents, il n’y a rien à voler dans cette maison, et pour cause, elle est arrivée avec une simple valise, et ne vit qu’avec sa carte bleue. Ils co