Procès des Grands Frères : une journée d'audition sur la personnalité des prévenus
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Procès des Grands Frères : une journée d'audition sur la personnalité des prévenus

Richard Garnier
Le tribunal de Fort-de-France
Le tribunal de Fort-de-France • JEAN-MARC ETIFIER

Ce mardi (27 janvier), se poursuit le procès au tribunal correctionnel de Fort-de-France, le procès des Grands Frères. La journée est dédiée à l'analyse de la personnalité des prévenus.

17h50 : Fin de l'audience. Le procès reprendra demain matin (28 janvier).

17h35 : "Ma relation intime de l'époque avec M. Laurent m'a exposé fortement. Je n'ai pas su faire preuve de discernement avec ce co-prévenu. Je n'ai rien à voir avec les faits. Aujourd'hui, j'ai réussi à sortir d'un cycle de violences conjugales que j'ai subi par la suite. Cela n'a rien à voir avec l'affaire. Mais une instruction est en cours car j'ai subi du harcèlement sexuel au travail. Je suis actuellement en arrêt de travail de ce fait", explique Christelle Daumont.

17h15 : Loïc Chenilco conclut son audition :  "Nous sommes un peuple rebelle. C'est dans notre sang. Toute cette affaire a été construite sur des fantasmes du procureur de l'époque. L'instruction a mis en avant les violences urbaines. Mais parlons aussi des violences institutionnelles. Les chaînes de l'esclavage sont devenues des chaînes économiques ". Christelle Daumont, seule femme prévenue, lui succède à la barre.

15h55 : Début de l'audition de Loic Chenilco qui est interrogé sur ses accointances avec les gens de son quartier : " On est fier de là où l'on vient. Quand j'ai connu M. Didier Laurent, j'ai vu un policier qui se voulait proche des jeunes. Alors qu'en général, il y a une barrière entre la police et les jeunes ".

15h25 : " J'accompagne le député Olivier Serva dans ses déplacements. Je le connais depuis 2017. Je connais aussi deux co-prévenus, Messieurs Dumesnil et Fostin. On m'appelle le plus grand des Grands Frères. Je suis poursuivi pour extorsion mais je prouverais que je suis innocent. Quant aux violences urbaines, c'était prévisible, car nos jeunes vivent dans la misère, sans alternative", explique Pascal Baclet.

15h10 : Reprise de l'audience avec l'audition de Pascal Baclet.

13h10 : "Dans ce dossier, on a voulu nous criminaliser. Pour nous décrédibiliser vis-à-vis de la population. Hormis cela, lorsque j'ai été transféré depuis le département de l'Isère jusqu'à Ducos, et que ma fille en bas âge était hospitalisée à la Meynard, il m'a été longtemps interdit d'aller la voir. Enfin, je tiens à dénoncer le procès verbal des services de renseignement fourni au tribunal récemment. Il est insultant envers la population guadeloupéenne", conclut Noël Daufour. Le tribunal suspend l'audience jusqu'à 14 h 30.

12h40 : "Nos incarcérations ont entravé notre travail de pacification de la société que nous avions entamé. C'est bien pour cela que l'on nous appelait les Grands Frères. L'an dernier, il y a eu 52 meurtres", déclare Noël Daufour. 

12h25 :  "Au moment des émeutes, je me dis qu'il faut tout faire pour éviter le pire. Car juste auparavant, il y a eu une vague de décès de patients au CHU durant la crise sanitaire et notamment en juillet-août 2021. Ce fut de la négligence de la part de l'Etat. Alors que l'Etat a rapidement réagi pour réprimer les violences urbaines, en envoyant le Raid et le GIGN".

11h45 : La présidente revient sur les diverses condamnations de Noël Daufour. Celui que l'on surnomme " ONeel " revient sur les rumeurs qui le rendraient cadre de la section criminelle : "Ce que l'on présente comme un gang ne l'est pas. On calque les rappeurs américains. Ce sont des gens qui se reconnaissent du même quartier. Pour connaître le milieu musical en Guadeloupe, il n'y a pas de gang en Guadeloupe. SK, ce sont les initiales du groupe de musique. Ce n'est  pas comme la Section d'Assaut dans l'Hexagone. Avec M. Dumesnil, alias Bwana, nous avons effectivement commencé un travail de pacification ".

11h30 : Didier Laurent conclut : "Je considère que j'ai eu un traitement particulier.  Je devais être considéré comme présumé innocent et j'ai effectué 4 mois de détention provisoire". C'est Noël Daufour qui lui succède à la barre pour son examen de personnalité.

11h15 : " La violence est le dernier rempart de l'incompétence. On a senti rapidement que les manifestations contre l'obligation vaccinale des personnels soignants allaient dégénérer en émeutes. Courant novembre 2021, nous avons compris que cela allait se durcir " déclare Didier Laurent.

11h : " J'ai été victime de tirs à balles réelles lors des émeutes de fin 2021, alors que j'étais chauffeur d'une patrouille. Ma hiérarchie a expliqué dans la procédure ne pas en avoir été informé. Pourtant, même si je n'avais pas été blessé, j'avais porté plainte " explique Didier Laurent.

10h30 : " J'ai été radié administrativement à la suite d'une décision judiciaire collatérale à cette présente affaire. Pourtant, j'ai interjeté appel mais le procureur a décidé de l'exécution provisoire. Sachez que j'adorais ce métier de policier. Si c'était à refaire, je referais la même chose. Toute cette présente affaire est une machination car la plupart des prévenus était ciblée. On m'a mis dans la boucle. J'ai été déporté à Fleury Mérogis pendant un an, à l'isolement, à côté de la cellule du braqueur Redouane Faïd et du terroriste Salah Abdeslam. À ce moment là, j'ai compris",  déclare Didier Laurent.

10h15 : "Le terme Grands Frères remonte aux années 80 après des émeutes. Il s'agit d'une xxpression pour qualifier des personnes adultes qui profèrent de bons conseils de bonne conduite aux jeunes des quartiers sensibles",  déclare Didier Laurent. Ce dernier contredit la présidente d'audience qui tente de dresser un parallèle avec les "500 frères" de Guyane.

10h10 : "Le policier Didier Laurent est un agent investi, ayant réussi de belles affaires " selon une notation de sa hiérarchie.

10h05 : Début de l'examen par le tribunal des personnalités des prévenus. Tour à tour, chacun est interrogé par la présidente, à commencer par le policier Didier Laurent.

10 h : Selon le tribunal, Ary Chalus a reconnu l'organisation de plusieurs réunions avec les Grands Frères, à l'invitation du président de l'Association des maires Jocelyn Sapotille et du député Olivier Serva. Le président de Région a affirmé n'avoir pas été victime de menace d'extorsion de fonds. Concernant les déclarations de Samuel Crail sur d'éventuels montants financiers, Ary Chalus a parlé d'affabulation.

9h55 : Selon le tribunal, des écoutes téléphoniques évoquent des extorsions de fonds. Il est question de remise des grosses sommes à des entreprises pour acheter la paix sociale. Des sommes de 3 à 5 millions d'euros auraient été réclamées par Samuel Crail (absent du procès).

9h40 : Un projet d'attaque de la sous-préfecture aurait été fomenté. Des écoutes téléphoniques l'auraient confirmé. Sont évoqués par le tribunal des repérages qui auraient été menés en vue du blocage de l'ex aéroport Pole Caraïbe.

9h20 : Les faits reprochés commencent à être évoqués : le 26 novembre 2021, vers minuit, des images de vidéo protection confirmaient l'attaque par incendie du Service Pénitentiaire d'Insertion et de Probation (SPIP). Peu après, les mêmes manifestants tentaient de mettre le feu à des véhicules dans la concession automobile toute proche.

8h45 : Ouverture de l'audience. Le tribunal rend son délibéré et joint tous les incidents soulevés par les avocats de la défense. Les débats vont pouvoir débuter sur les faits.

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