Inceste dans les Outre-mer : Christian Baptiste presse l'État d'agir enfin
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Inceste dans les Outre-mer : Christian Baptiste presse l'État d'agir enfin

Rédaction Web - Christophe VERGER
Le député Christian Baptiste à l'initiative de la rencontre contre l'inceste.
Le député Christian Baptiste à l'initiative de la rencontre contre l'inceste. • ALFRED JOCKSAN

C'est un cri d'alarme que Christian Baptiste a lancé depuis les bancs de l'Assemblée nationale. Le député de Guadeloupe a interpellé le ministre délégué chargé des Outre-mer, Manuel Valls, sur l'inaction persistante de l'État face aux violences incestueuses dans les territoires ultramarins.

Sous le regard de Manuel Valls, le député a dressé un tableau sombre de la situation en Guadeloupe : aucune unité pédiatrique spécialisée pour les enfants en danger n'y existe, contrairement à la métropole. Les mineurs victimes d'inceste se heurtent non seulement à l'isolement géographique, mais aussi au poids du silence culturel et à l'absence de dispositifs adaptés.

Le ministre a bien tenté de rassurer en rappelant l'ouverture récente d'une première unité en Guadeloupe, mais Christian Baptiste a balayé cet argument, le jugeant très loin d'être suffisant pour répondre à l'ampleur du problème.

Un vide juridique intenable

Autre point de tension : l'inceste n'est toujours pas reconnu comme un crime à part entière dans le Code pénal français, contrairement à d'autres pays comme l'Allemagne ou la Tunisie. Un fait que le député dénonce avec force : " Comme si violer son propre enfant n'était pas un crime spécifique ", s'indigne-t-il. Il réclame une réforme législative pour que l'inceste soit enfin qualifié comme tel dans la loi, une revendication également soutenue par de nombreuses associations de protection de l'enfance.

En réponse, Manuel Valls a annoncé la mise en place d'une mission confiée à la procureure générale Dominique Laurens, afin de renforcer les unités d'accueil pédiatrique (UAPED). Un rapport est attendu d'ici le 30 septembre 2025. Une visite en Guadeloupe est aussi prévue avec la ministre de la Santé.

Mais pour Christian Baptiste, ces annonces ne suffisent pas. Il prépare déjà une proposition de loi transpartisane pour combler ce qu'il qualifie de "vide juridique inacceptable". " L'État doit être au rendez-vous pour protéger ces enfants ", martèle-t-il.

Des lieux d'écoute pour les mineurs, mais quels moyens ?

Le ministre a également évoqué la création de lieux adaptés dans les commissariats et les hôpitaux, pour recueillir la parole des enfants victimes dans de meilleures conditions. Une initiative jugée insuffisante par plusieurs associations, qui y voient une réponse de façade. Elles réclament des moyens durables, et non des effets d'annonce. 

En portant cette question sous les projecteurs de l'Assemblée, Christian Baptiste met en lumière une réalité longtemps ignorée : dans les Outre-mer, les enfants victimes d'inceste sont souvent abandonnés à leur sort. Si des promesses émergent du côté du gouvernement, l'urgence est palpable sur le terrain. Le temps des paroles semble désormais révolu : il faut des actes. La responsabilité est désormais entre les mains de l'exécutif.

Une enquête de l'Institut national des études démographiques (Ined) documentait en 2020 qu'en Guadeloupe, 3 % de l'échantillon féminin a témoigné avoir subi ce type de violence sexuelles incestueuses durant leur minorité. Dans 45 % des cas, il s'agissait de leur oncle. 

 

 

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