Le trafiquant Bordo condamné à 12 ans de prison de plus
La justice du Suriname vient de condamner Joël Martinus à 12 ans de prison par contumace dans l’affaire de Moengo. À l’issue de sa peine en France, il sera donc attendu par les geôles du Suriname
En l’absence du principal suspect, l’affaire a été jugée au Suriname, par contumace. La décision de la Cour vient d’être rendue.
Les juges ont estimé que Martinus dirigeait une organisation criminelle responsable de l’importation d’environ 450 kilos de cocaïne par avion Cessna vers le Suriname en 2020. Selon les conclusions du procès, un homme aurait été tué lors de l’opération près de Moengo. Bien que son corps n’ait jamais été retrouvé, la justice a retenu l’accusation d’homicide. L’enquête montre aussi que Martinus avait engagé des ouvriers pour enterrer l’avion avec des machines lourdes. L’appareil avait été endommagé lors de l’atterrissage dans les environs de Moengo et n’a pas pu décoller. Il a donc été décidé de l’enterrer pour faire disparaître les preuves de l’opération. La victime, en la personne de l’homme disparu, aurait été un témoin gênant.
La décision a été rendue par la juge de sous-district, Maureen Dayala, qui l’a condamné à 12 ans de détention. Martinus se trouve actuellement en France, où il purge déjà une peine de prison de huit ans. Grâce aux accords judiciaires entre la France et le Suriname, Bordo devrait être remis à la justice de son pays à l’issue de sa détention en France.
Clifton Jongaman et Albert Gau-Gau étaient co-accusés pour implication dans un meurtre et un homicide involontaire, participation à une organisation criminelle et violation de la loi sur les stupéfiants. Ils écopent chacun de six ans.
L’avocat Irvin Kanhai a plaidé pour l’acquittement et a souligné que le rapport chimique obligatoire pour déterminer de manière concluante la présence de cocaïne était absent. Le procureur a répliqué qu’il y avait suffisamment de « preuves accablantes » du rôle de Martinus dans l’opération.
Au Suriname, Joël « Bordo » Martinus, sachant être recherché par la justice de son pays, s’était caché pendant de longs mois, y compris dans les villages de l’intérieur, avant de s’enfuir à l’étranger. En 2024, il a été arrêté au Brésil puis extradé vers la France. Ce personnage était un vecteur à l’origine d’un réseau de mules recrutées parmi les populations défavorisées du Suriname et de Guyane pour transporter de la cocaïne vers Paris. On ne regrettera pas vraiment sa mise hors circuit pour, maintenant, de très longues années.

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters