12,6 kg de cocaïne : 18 mois ferme pour le policier municipal
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JUSTICE

12,6 kg de cocaïne : 18 mois ferme pour le policier municipal

Gaëtan TRINGHAM (g.tringham@agmedias.fr)
Le 18 octobre dernier, de nombreuses personnes avaient assisté à l'audience qui avait finalement été renvoyée à ce 15 novembre.
Le 18 octobre dernier, de nombreuses personnes avaient assisté à l'audience qui avait finalement été renvoyée à ce 15 novembre. • GT

Arrêté le 10 octobre dernier avec 12,6 kg de cocaïne à l’aéroport Félix Eboué, l’ASVP au sein de la police municipale de Cayenne, Frédéric Stanley Jean-Baptiste, a été condamné à la peine 18 mois de prison ferme. À cela s’ajoute notamment un sursis simple de 30 mois.

C’est un homme visiblement marqué par son premier mois en détention provisoire qui est entré dans la salle de comparution immédiate au tribunal du Larivot. Frédéric Stanley Jean-Baptiste se tient droit, mais peine à s’exprimer très clairement. Après avoir indiqué ses regrets, il laissera même quelques larmes s’échapper lors de ses prises de parole devant la cour. 

Pour avoir transporté, détenu et acquis 12, 6 kg de cocaïne, Frédéric Stanley Jean-Baptiste a été condamné à la peine de 4 ans d’emprisonnement, dont 30 mois assortis de sursis simple. Une amende de 12 000 euros lui a également été infligée ainsi que l’interdiction de se rendre à l’aéroport Félix Eboué pendant une période de 5 ans.  

Par ailleurs, les juges n’ont pas révoqué le sursis probatoire de 24 mois dont le Guyanais de 30 ans faisait déjà l’objet pour des menaces de mort envers une ex-conjointe. La peine ferme se maintient donc à 18 mois.  

Pour rappel : si la quantité de cocaïne transportée est importante, c’est aussi le profil qui interpelle. Depuis 2015, Frédéric Stanley Jean-Baptiste, est un agent de l’ASVP au sein de la police municipale de Cayenne. Il fait également partie de l’unité d’élite de plongeur secouriste du Dragon 973, l’hélicoptère de la sécurité civile.  

Le 10 octobre dernier, il est pourtant interpellé à l’aéroport Félix Eboué de Guyane avec les produits stupéfiants dans sa valise. Afin que le Guyanais de 30 ans puisse « préparer sa défense », le procès avait été renvoyé le 18 octobre dernier à ce 15 novembre

 

"Je ne suis pas du tout dans ce monde-là" 

30 000 euros. C'est la somme qui lui avait été proposé pour transporter la cocaïne. Le ministère public n'a pas hésité à faire remarquer le problème qui se pose : "Un homme guyanais aussi bien inséré, et avec votre statut, aurait dû se poser plus de questions sur les ravages qu'engendrent de la cocaïne. L'appât du gain est-il plus important que les problématiques humaines ?"  

"Je ne suis pas du tout dans ce monde-là", a notamment répondu M. Jean-Baptiste qui a reconnu ses torts tout au long de la procédure. L'homme devait se rendre en hexagone pour soigner les blessures engendrées par un accident de scooter dont il avait été victime quelques semaines auparavant. C'est à ce moment-là qu'il est approché pour faire la mule. Le secouriste expliquera également qu'il pensait transporter une quantité deux fois moins importante. "Meme la moitié, 6 kg, c'est déjà trop", n'oubliera pas de souligner le ministère public. 

Défendu par Me Akim El Allaoui, l'avocat n'a pas oublié de faire une nouvelle fois références aux "qualités humaines rares" de son client. Engagé au sein de l'unité d'élite de la sécurité civile, la défense a mis en avant les nombreuses vies sauvées par Frédéric Stanley Jean-Baptiste. Un palmarès qui lui a permis d'obtenir de nombreuses distinctions. "C'est quelqu'un de diplômé, qui a toujours travaillé, et qui a commis une erreur", a reconnu Akim El Allaoui, qui est "persuadé qu'il retrouvera un emploi.

 

Il risquait beaucoup plus 

Frédéric Stanley Jean-Baptiste a craqué lorsqu'il a évoqué les raisons du métier qu'il exerce : "je rêve de pouvoir sauver les gens depuis la mort de mon grand-père", a-t-il ainsi murmuré, larme au visage. 

Finalement, la personnalité du condamné lui permet de s'en sortir relativement bien. Il risquait en effet jusqu'à 10 années d'emprisonnement ainsi que l'ajout des 24 mois du sursis probatoire. Étant donné la quantité dans la valise, la représentante des douanes, présente ce jour au tribunal, avait requis un peu plus de 500 000 euros d'amende.