Liban: trois morts dans des frappes israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth
Israël a mené une frappe dimanche sur la banlieue sud de Beyrouth qui a fait trois morts, disant viser le Hezbollah pro-iranien et s'attirant les foudres de Donald Trump et de l'Iran qui cherchent à finaliser un accord global incluant le Liban.
"L'attaque de ce matin à Beyrouth n'aurait pas dû avoir lieu, surtout en ce jour particulier où nous sommes si près d'un accord de paix avec l'Iran", a écrit Donald sur son réseau Truth Social.
Un haut responsable de l'état-major iranien a averti que les frappes israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth, les deuxièmes en une semaine, ne resteraient pas "impunies".
L'Iran, qui a prévenu Israël que viser la capitale libanaise constituait une ligne rouge, avait tiré des missiles contre ce pays ennemi après les bombardements du 7 juin, s'attirant une riposte israélienne. Les deux parties avaient mis fin lundi aux hostilités à l'appel de Donald Trump.
Israël a dit avoir mené les nouvelles frappes dimanche en riposte à des tirs du Hezbollah pro-iranien sur le nord de son territoire.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a annoncé des frappes "dans le quartier de la Dahiyé, à Beyrouth (...) en réponse aux tirs du Hezbollah en direction du territoire israélien", dans un bref communiqué, ajoutant qu'"Israël ne tolèrerait aucune attaque sur son territoire".
La formation pro-iranienne a revendiqué dimanche plusieurs attaques contre les troupes israéliennes qui progressent dans le sud du Liban, mais pas contre le territoire d'Israël.
- Panique -
Trois personnes, dont deux femmes, ont été tuées selon le ministère libanais de la Santé et 16 autres blessées.
L'armée israélienne a indiqué avoir "frappé avec précision" un centre de commandement du mouvement chiite pro-iranien.
Un correspondant de l'AFP a vu le premier étage d'un immeuble qui en compte quatre, dans le quartier de Ghobeiry, entièrement détruit et un deuxième étage endommagé. Des débris recouvraient la rue commerçante de ce bastion du Hezbollah, où la frappe a provoqué la panique des habitants.
"Il ne fait aucun doute que ces crimes ne resteront pas impunis", a réagi à Téhéran le général Mohammad-Jafar Assadi, vice-responsable du commandement interarmées iranien, cité par l'agence Defa Press, spécialisée dans les questions militaires, et repris par les médias iraniens.
Israël a dans la foulée affirmé se préparer à une attaque "potentielle" vers son territoire.
Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a lui accusé Etats-Unis de ne pas respecter leurs engagements, compromettant, selon lui, les pourparlers avec Washington. L'Iran conditionne tout accord avec les Etats-Unis à un cessez-le-feu complet y compris au Liban.
M. Netanyahu avait averti début juin que son pays frapperait Beyrouth si le Hezbollah visait les localités du nord d'Israël, invoquant le soutien de Washington en ce sens.
Frappes sur Nabatiyé
Plus tôt dimanche, deux ministres israéliens d'extrême droite avaient appelé à des frappes de représailles sur la banlieue sud de Beyrouth.
Dans le sud du pays, l'agence de presse officielle libanaise Ani a rapporté des frappes israéliennes sur plus d'une vingtaine de localités dont la ville de Nabatiyé.
L'armée israélienne, qui concentre ses opérations depuis quelques jours dans la région de Nabatiyé, a ordonné aux habitants d'une trentaine de localités de les évacuer.
Une source militaire a indiqué à l'AFP qu'une petite force de l'armée libanaise avait évacué ses positions dans le village voisin de Kfar Tebnit samedi, à la suite d'une incursion israélienne dans la localité.
Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne son voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite, qui cible lui ses positions et son territoire.
Les frappes israéliennes ont fait plus de 3.700 morts depuis début mars, selon Beyrouth.
Et ce malgré un nouvel accord de trêve conditionnelle annoncé début juin à l'issue de pourparlers entre le Liban et Israël à Washington, rejeté par le Hezbollah.
yif-lg-at/cm

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