Face à la "menace" d'un navire militaire britannique, le Venezuela déploie plusieurs milliers de soldats
Quelques 5 600 soldats vénézuéliens participent à des manœuvres militaires "défensives" ordonnées jeudi par le président Nicolás Maduro en "réponse à la provocation et à la menace du Royaume-Uni", qui a envoyé un navire de guerre au Guyana en pleine crise sur l'Essequibo.
Les deux pays frontaliers avaient renoncé à l'usage de la force lors d'un sommet organisé à Saint-Vincent-et-les-Grenadines plus tôt dans le mois. Le Venezuela et le Guyana s'étaient aussi engagés à "s'abstenir en paroles, en actes, d'intensifier tout conflit" entre eux. Georgetown et Caracas campant sur leur position, le conflit ne s'est pas résolu pour autant.
Loin de là. Le 24 décembre dernier, on apprenait que le Royaume-Uni allait déployer un navire de guerre, le HMS Trent, dans son ancienne colonie pour participer à des manœuvres militaires. Il doit arriver sur place ce vendredi.
Un navire de guerre (…) ? Et ensuite ? Et l’engagement à faire preuve de bonne volonté et à la coexistence pacifique ? Et quid de la promesse de ne pas recourir à la menace et de n’utiliser la force en aucune circonstance ? », avait réagi le ministre de la Défense du Venezuela, Vladimir Padrino Lopez, sur le réseau social X.
On connait désormais la réponse du pays qui revendique le territoire pétrolier de l'Essequibo. Le Venezuela a lancé ce jeudi des manœuvres militaires de nature "défensive" dans la zone frontalière du Guyana "Toutes les Forces armées nationales bolivariennes [vénézuéliennes] dans les Caraïbes orientales", soit quelque 5 600 soldats vénézuéliens, sont mobilisées, a déclaré Nicolás Maduro. Cette initiative est présentée comme une "réponse à la provocation et à la menace du Royaume-Uni contre la paix et la souveraineté de notre pays."
Le vice-président guyanien, Bharrat Jagdeo, a réagi peu après lors d'une conférence de presse. « Nous n'avons aucun plan pour prendre des mesures offensives contre le Venezuela (...) Nous n'avons pas l'intention d'envahir le Venezuela. Le président Maduro le sait et ne doit pas s'inquiéter », a-t-il dit, précisant que l'arrivée du patrouilleur britannique entrait dans le cadre « d'exercices de routine planifiés depuis longtemps. »
La tension entre Caracas et Georgetown est montée après le lancement en septembre d'appels d'offres pétroliers par le Guyana, puis le référendum organisé en réaction le 3 décembre au Venezuela sur un rattachement de l'Essequibo, territoire de 160.000 km² riche en pétrole et ressources naturelles, administré par Georgetown et revendiqué par le Venezuela.
Quelque 125.000 personnes, soit un cinquième de la population du Guyana, vivent dans l'Essequibo, qui couvre les deux tiers de la superficie du pays. Le Venezuela soutient que le fleuve Essequibo doit être la frontière naturelle, comme en 1777 à l'époque de l'empire espagnol. Le Guyana argue que la frontière, datant de l'époque coloniale anglaise, a été entérinée en 1899 par une cour d'arbitrage à Paris.

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