Deux tiers de la France en alerte canicule maximale, les hôpitaux sous tension
Hôpitaux sous tension, mortalité en hausse, annulations d'événements culturels et sportifs: malgré une baisse progressive des températures qui s'annonce, deux tiers de la France restent vendredi écrasés par une canicule d'ampleur exceptionnelle qui s'étend ailleurs en Europe, et dont les conséquences sanitaires commencent à se faire sentir.
Les canicules à répétition sont un marqueur sans équivoque du changement climatique, causé principalement par la combustion d'énergies fossiles par les humains.
A la mi-journée, le ministère français de la Santé s'est dit "préoccupé par la survenue de décès à domicile sur l'ensemble du territoire", sans pouvoir toutefois donner de chiffres.
Plus tôt le Premier ministre Sébastien Lecornu avait déclaré que la vigilance se concentrait "particulièrement sur les personnes isolées à leur domicile", appelant chacun à la "solidarité".
Aux urgences de l'hôpital européen Georges Pompidou, un des principaux hôpitaux parisiens, la situation est "extrêmement grave" et sous forte tension, a également alerté vendredi le chef des urgences Philippe Juvin sur BFMTV/RMC.
"L'hôpital doit tenir", a martelé le Premier ministre vendredi matin sur X.
Selon Matignon, qui prévoit de réunir une nouvelle cellule de crise dans l'après-midi, "la pression hospitalière se prolongera plusieurs jours".
"Ce que nous demandons, c'est que les personnes fragiles, celles par exemple qui ont des maladies cardiovasculaires, les personnes âgées, les jeunes enfants limitent les sorties et les activités physiques trop importantes", a déclaré la ministre de la Transition écologique Monique Barbut.
Ruée sur les ventilateurs
Vendredi matin, 46.000 personnes restaient privées d'électricité, essentiellement dans les Yvelines, en Gironde et dans les Hauts-de-Seine (3.000), selon Enedis.
Une enveloppe de plus de 130 millions d'euros a par ailleurs été débloquée par EDF, la Banque des territoires, la Banque postale et le gouvernement, pour financer en urgence des systèmes de rafraîchissement et des travaux dans les écoles, particulièrement touchées par la canicule.
Avec 61 départements en vigilance rouge vendredi, la chaleur reflue légèrement après le pic de l'épisode atteint jeudi. Onze de ces départements devraient passer en vigilance orange vendredi à 22H00, selon Météo-France, et treize autres seront rétrogradés samedi à 06H00.
Des orages ont éclaté jeudi soir dans l'ouest, comme à Rennes où un air frais soufflait vendredi matin, au grand soulagement des habitants après une semaine éprouvante. "C’est enfin respirable!", s'est rejouie Aurélie Sauvager, 47 ans.
Même si la nuit a encore été très chaude sur certains points du pays, elle n'a pas battu de nouveaux records: la moyenne des températures minimales a été de 21,5°C, contre 22°C la nuit précédente, selon Météo-France.
Le prévisionniste a déjà averti que des "conditions caniculaires" devraient persister sur une bonne partie du pays ce week-end.
Dans les magasins, les gens continuent de se ruer sur ventilateurs et climatiseurs, quand il en reste encore, pour tenter de se rafraîchir. "On nous a dit qu'il fallait être là plus tôt pour pouvoir être servis, et voilà, on est là, on attend", s'impatiente Souleymane, qui avec une cinquantaine de personnes attend l'ouverture d'un magasin d'électroménager, place de la République à Paris.
Autre conséquence de la vague de chaleur exceptionnelle: des événements sont reportés ou annulés comme la Marche des fiertés LGBT+ initialement prévue à Paris et à Lyon samedi ou les courses "We run" à Paris, tout comme le festival de musique Solidays.
Certaines villes comme Paris prennent également des mesures d'interdiction de consommation et de vente d'alcool, notamment en prévision du match de l'équipe de France dans la soirée. "Ca déshydrate en fait de boire de l'alcool donc c'est une très bonne chose", a estimé auprès de l'AFP Marc Chrétien, entrepreneur de 35 ans. Et ce d'autant que les "hôpitaux sont saturés, ils ne peuvent pas aider les gens qui en ont besoin", abonde Sandra Wilson, 56 ans.
Vendredi matin, plus de 850.000 collégiens ont eux passé des épreuves du brevet. Parfois, il faisait "30 degrés à peu près" dans les salles d'examen comme à Marseille, relate Daniel, avec des ventilateurs "qui faisait plus de chaud qu'autre chose". Mais "on a eu une pause avec des chariots dans les couloirs avec des verres pour boire de l'eau et on avait nos gourdes majoritairement", explique Maëlys, 15 ans, qui a passé l'examen à Rennes.
Mortalité en hausse
La chaleur ne se limite pas aux frontières de l'Hexagone, et au moins 150 millions de personnes en Europe devraient subir des températures de plus de 35°C vendredi, selon une analyse de l'AFP.
Au moins 212 décès pouvant être attribués à la vague de chaleur ont été recensés de dimanche à mercredi en Espagne, contre 98 à la même période en 2025, selon des données publiées par l'Institut de santé Carlos III à Madrid.
Le maire PS de Paris Emmanuel Grégoire a évoqué une "mortalité en hausse", sans précision chiffrée.
bur-cda-dep/uh/sp

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