Agression dans une école maternelle à Nice : enquête ouverte pour tentative de meurtre
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Agression dans une école maternelle à Nice : enquête ouverte pour tentative de meurtre

Des parents d’élèves viennent chercher leur enfant à l’école maternelle Clement Roassal, à Nice le 2 novembre 2026.
Des parents d’élèves viennent chercher leur enfant à l’école maternelle Clement Roassal, à Nice le 2 novembre 2026. • VALERY HACHE

Une enquête pour "tentative de meurtre" a été ouverte après l'agression lundi, dans une école de Nice, de la directrice et d'une enseignante par une mère d'élève qui les a menacées avec une arme et frappées, avant d'être interpellée.

Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a dénoncé sur X une agression "intolérable". "Elle intervient dans un contexte de banalisation de la violence dans notre société, que nous devons collectivement rejeter : s’en prendre à ces deux femmes dans l’exercice de leurs fonctions, c’est s’en prendre à l’École tout entière", a-t-il souligné.

La femme de 36 ans, mère de deux enfants scolarisés en maternelle dans cette école proche du centre de Nice, s'est présentée lundi vers 09H00 à l'accueil de l'établissement, sollicitant un entretien en urgence avec la directrice.

"D’après les premiers éléments, reçus par cette dernière, l’intéressée la menaçait en pointant une arme à feu dans sa direction et en portant des accusations sur des faits d’agressions sexuelles dont un de ses enfants aurait été victime", a expliqué le procureur Damien Martinelli dans un communiqué.

"Elle portait ensuite une gifle à la directrice puis lui tirait les cheveux", avant de ranger son arme à sa ceinture et de la gifler à nouveau. "Elle reprenait son arme et en actionnait la queue de détente en la pointant en direction de cette dernière, sans qu’un coup ne parte, et en précisant n’avoir que deux balles", a détaillé le magistrat. 

"Elle manipulait ensuite l’arme avec laquelle elle portait un nouveau coup au visage de la directrice" avant de sortir "un couteau qu’elle lui posait sur la joue avant de quitter le bureau environ une heure après y être entrée".

En sortant, la mère de famille "croisait une enseignante auprès de qui elle portait les mêmes accusations. Elle giflait cette enseignante et pointait l’arme dans sa direction après l’avoir actionnée. Elle quittait ensuite l’établissement".

Interpellée peu après à son domicile et placée en garde à vue, la femme a indiqué avoir "la double nationalité tunisienne et italienne" et "exercer la profession d'aide-soignante".

La mère de famille, qui conteste tout fait de violences, "a déjà été condamnée à deux reprises, notamment pour violences avec arme en 2019", indique le parquet, qui précise que la perquisition de son domicile n'a pas permis de retrouver l’arme de poing utilisée.

L'enquête ouverte notamment du chef de tentative de meurtre d’une personne chargée d’une mission de service public a été confiée à la police judiciaire de Nice.

"Communauté éducative sous le choc"

Le maire de Nice Éric Ciotti, qui s'est rendu dans la matinée dans l'école visée, a dénoncé une agression "d'une violence inouïe et particulièrement grave" qui a provoqué "un choc majeur dans toute la communauté éducative niçoise".

Aucun élève n'a assisté à la scène, a précisé M. Ciotti.

Rencontrée devant l'école, Vanessa, mère d'un enfant en petite section, a raconté à l'AFP que "c'est sa maîtresse qui a été agressée, quelqu'un de très gentil".

Une autre mère d'élève, dont la fille est scolarisée en moyenne section, a expliqué être "hyper contente de cette école et de la maîtresse de ma fille". "Sa maîtresse (l'enseignante agressée, NDLR) est super, celle de l'an dernier (la directrice agressée) aussi".

Le recteur de l'académie de Nice, Emmanuel Roux, qui s'est rendu dans l'établissement pour témoigner son soutien au personnel, a annoncé la mobilisation d'une équipe académique de sécurité ainsi que la mise en place d'un accompagnement psychologique.

Cette affaire intervient alors que deux parents d'élèves ont été condamnés ces dernières semaines à des peines de prison ferme pour avoir menacé de mort des enseignants, près de Toulouse et Bordeaux.

Le 10 septembre, un père de famille qui avait menacé de "couper la tête" d'une enseignante de l'école de son fils au Fauga, près de Toulouse, a écopé de six mois de prison ferme.

Une semaine plus tard, le tribunal de Bordeaux a condamné à 12 mois de prison, dont six avec sursis un père d'élève qui avait menacé de mort et violenté un surveillant et la principale d'un collège d'Eysines..

Toujours en Gironde, un parent d'élève doit être jugé en mars pour avoir menacé de mort une enseignante d'une école élémentaire de Talence, près de Bordeaux.

fcc-alc

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