Les enfants adoptés ont-ils le droit de savoir d'où ils viennent ?
Ce jeudi 30 mai, à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, un premier séminaire en faveur de l'accès aux origines personnelles a été organisé au sein du centre culturel Rémy Nainsouta. Une manifestation au cours de laquelle parents adoptants et enfants adoptés ont pu s'exprimer librement sur les différentes problématiques liées à l'adoption.
Près de 50 personnes ont répondu présentes pour ce premier séminaire inter régional pour l'accès aux origines personnelles, organisé au sein du centre culturel Rémy Nainsouta de Pointe-à-Pitre ce jeudi. La parole était donnée aux familles adoptives et aux enfants adoptés.
Depuis 1997, 86 enfants ont été adoptés sur notre territoire. En plus des démarches administratives plus que longues et l'impossibilité de connaître ses origines, l'adoption peut être un bagage bien plus lourd qu'il n'y paraît. Ce premier séminaire avait pour but de permettre aux familles concernées par l'adoption de prendre connaissance des différents moyens mis à leur disposition pour l'accès aux origines personnelles des enfants adoptés. Qu'il s'agisse d'enfants, d'adolescents ou d'adultes, nombreuses étaient les personnes présentes. Inscrite dans le cadre du suivi post-adoption des enfants et des familles adoptantes, cette rencontre se voulait avant tout être un moment de partage entre des inconnus reliés par un même schéma familial. Organisée par Fabienne Phimeus-Inamo, psychologue et correspondante du Centre national d'accès aux origines personnelles, ce séminaire permettait également l'unification des cellules adoption de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Guyane dans le but de faciliter l'accès aux origines personnelles.
En relatant leurs expériences, les quelques 50 personnes présentes ont pu échanger sur leurs ressentis et partager leurs réussites face aux difficilies démarches d'adoption. Pour Rosan, papa adoptant, la démarche fut longue et douloureuse. « II s'est passé entre 2 et 3 ans entre le moment où nous avons évoqué l'idée d'adopter et le moment où nous avons choisi d'entamer les démarches », exprime-t-il. « Il a fallu au début faire le deuil de notre parentalité biologique, ce qui a été très dur autant pour ma femme que pour moi. Le chemin vers l'adoption a été très long, entre 5 et 6 ans. Mon épouse et moi avons eu la chance d'être tiers bénévoles et tiers dignes de confiance, chose qui je pense a pu, peut-être pas faciliter mais au moins favoriser nos démarches. Nous nous sommes occupés de nos enfants pendant trois ans sans avoir aucune certitude si oui ou non ils resteraient nos enfants. Aujourd'hui, nous sommes une famille très soudée. C'est nous qui avons décidé d'entreprendre les démarches pour connaître l'origine de nos enfants. Nous savons que pour les enfants adoptés, peu importe leur âge, l'adoption reste encrée en eux, c'est un chemin extrêmement long pour eux qui peut être un frein à leur épanouissement. Nous souhaitons avant tout avoir les clés pour comprendre et faire face à des situations qui pourraient se présenter dans le futur. Les enfants méritent le bonheur, c'est pour ça que nous sommes là », termine-t-il. Les témoignages des parents mais aussi des enfants permettent aux cellules adoption de mettre en avant les problématiques de la quête des origines et de mettre alors en place des moyens d'arranger les choses et les rendre les plus simples possible.
Lucie Tetahiotupa, directrice enfance, famille, jeunesse au conseil départemental
« L'objectif de ce séminaire était de se rassembler autour de la question de l'accès aux origines pour les familles adoptives et les enfants adoptés mais aussi pour les familles naturelles dont les enfants sont dans un parcours d'adoption. L'idée est de créer du lien et de rompre l'isolement. Sur la question de l'adoption, il est fréquent de se retrouver seul, il y a peu de familles en Guadeloupe, or il est important de partager et d'être solidaire dans ce genre de moments. Il est important de partager les difficultés mais aussi les solutions que l'on peut avoir mises en place. Au terme de cette rencontre, nous souhaitons repréciser l'ensemble des services et du cadre d'accompagnement afin que les familles soient au courant de tous les dispositifs mis en place pour les aider ».

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