Une fragile tranquillité
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SAÜL

Une fragile tranquillité

Karin SCHERHAG
Le calme est revenu à Saül mais pour combien de temps ? (KS)
Le calme est revenu à Saül mais pour combien de temps ? (KS)

Les garimpeiros sont partis, les touristes sont revenus. Mais le projet minier Rexma pourrait troubler la sérénité retrouvée du village.

En semaine, les rues de Saül sont presque désertes. Quelques randonneurs se lancent à l'assaut des Monts la Fumée ou s'attaquent à l'ascension du layon menant au belvédère. Les enfants sont à l'école. Les parents vaquent à leurs occupations. Et rien ne vient troubler la tranquillité de ce village niché au coeur de la forêt amazonienne. Cela n'a pourtant pas toujours été ainsi. Il y a trois ans, les garimpeiros étaient partout, apportant « paludisme, leishmaniose et insécurité » , raconte Bérengère Blin, directrice adjointe du Parc amazonien de Guyane. « Ils traversaient la commune en quad et passaient en souriant sous ma fenêtre » , se souvient le maire Hermann Charlotte. Aujourd'hui, les garimpeiros ont disparu et les touristes sont revenus. En 2011, ils étaient 2 500 à fouler la terre argileuse de Saül. Des chiffres en nette augmentation, assure-t-on au Parc. « On a ici un exemple de réussite de la mission Harpie » , souligne Bérengère Blin. « Une très belle coopération entre les Forces armées de Guyane et la gendarmerie, complète Frédéric Mortier, le directeur du Parc. Ce qui s'est fait à Saül montre que si on met les moyens, on peut assainir. » Quatre gendarmes mobiles sont toujours en poste. Un dispositif qui suffit à dissuader les orpailleurs clandestins.
Mais l'inquiétude des habitants est désormais ailleurs ; les banderoles accrochées ça et là en témoignent. « Pas de mine d'or à moins de 10 km du bourg » , lit-on. Un message adressé à Rexma. « Ça tuerait notre village. On ne veut pas devenir comme Saint-Elie » , peste Jean-Pierre, installé ici depuis 25 ans. Hermann Charlotte est lui aussi fermement opposé à ce projet qui, dit-il, dénaturerait sa commune si riche de faune et de flore. Mais le maire a été clair : il ne se représentera pas en mars. Fatigué, il « compte les jours » qui le séparent encore d'une retraite méritée. « Ma seule crainte, c'est Rexma. Que fera mon successeur ? » La question reste posée.

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