Un comptoir d'or et un bijoutier poursuivis pour recel
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TRIBUNAL

Un comptoir d'or et un bijoutier poursuivis pour recel

D.St-J.

Les deux professionnels avaient acheté des bijoux à un jeune homme sans savoir qu'ils avaient été volés.

L'affaire examinée par le tribunal correctionnel le 15 avril débute par un cambriolage. La victime avait confié ses clefs à des parents, le temps de son absence du département. L'auteur du cambriolage, un jeune Guyanais tout juste âgé de 20 ans, hébergé chez ces personnes, a profité de la situation pour subtiliser les clefs et commettre son forfait entre le 16 octobre et le 8 novembre 2012. Il a dérobé tous les bijoux, un butin estimé à 30 000 euros. Lorsque le cambrioleur a été identifié, il avait vendu la majorité de son butin à un bijoutier et à un comptoir d'or de Cayenne. Les enquêteurs ont retrouvé son nom sur les registres de ces professionnels qui se sont retrouvés poursuivis pour recel d'objets provenant de vol.
LA VICTIME RETROUVE SES BIJOUX DANS LA VITRINE
Me Maurice Chow Chine, pour la partie civile, a souligné que sa cliente avait elle-même mené l'enquête : « Elle a découvert ses bijoux dans la vitrine du bijoutier. » L'avocat s'est étonné que les deux professionnels n'aient pas été inquiétés : « Quatre transactions ont été effectuées au comptoir d'or, cela représente 1 200 euros. »
Pour l'avocat, les responsables du comptoir d'or et de la bijouterie « ne pouvaient pas ne pas se douter de l'origine frauduleuse des bijoux » . L'inscription de l'identité du vendeur sur leur registre « n'est qu'une régularité d'apparence » .
Le procureur a requis 2 ans de prison pour vol aggravé. « Il n'y a pas de voleur sans receleur. Comment peut-on croire que des professionnels pouvaient se faire avoir en achetant des bijoux de femme, certains anciens, à un jeune homme qui ne justifiait en rien de leur propriété ? » s'interrogeait le procureur au sujet des deux autres prévenus.
Me Virginie Fettler, pour la société du comptoir d'or, affirmait que son client ne pouvait pas se douter de l'origine des bijoux : « En cette période de crise, beaucoup de personnes en vendent. » Elle a plaidé la relaxe et demandé la condamnation de la victime à 3 000 euros « pour poursuite abusive » .
L'affaire avait été mise en délibéré. Prenant en compte l'absence de Kris Portut à l'audience, le tribunal l'a condamné à 2 ans de prison dont 12 mois avec sursis. Un mandat d'arrêt a été délivré.
Le bijoutier et le comptoir d'or sont reconnus coupables et condamnés chacun à une amende de 8 000 euros. Les trois condamnés devront verser 13 500 euros de dommages et intérêts à la victime.

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