Outre deux gendarmes balisticiens, des soldats ont été sollicités pour retrouver une douille appartenant à la balle qui a blessé le professeur (SR)
Deux experts en balistique sont venus de Paris spécialement pour cette reconstitution organisée au collège Paul-Kapel. L'enseignant était également là.
Moins d'une semaine après le coup de feu qui a blessé un professeur au collège Paul-Kapel, une reconstitution était organisée hier, dès 18 heures. Deux gendarmes spécialistes en balistique et appartenant à l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), situé à Rosny-sous-Bois, en banlieue parisienne, avaient fait le déplacement. À peine avaient-ils atterri hier après-midi qu'ils étaient conduits au collège, accompagnés par de nombreux enquêteurs du commissariat de Cayenne en charge du dossier. Ces gendarmes repartiront dès aujourd'hui. Un aller-retour très rapide consacré uniquement à ce dossier. Le procureur Ivan Auriel le soulignait avec une certaine satisfaction : « Cela démontre l'intérêt que nous portons à cette affaire. »
Mardi dernier, vers 10 heures, alors qu'il était en salle informatique du collège Paul-Kapel, Jean-André Boutin, un professeur de technologie de 39 ans, avait ressenti une vive douleur à la nuque. Il venait de recevoir une balle. Par chance, le projectile s'était logé entre la chair et l'os et n'avait atteint aucun organe vital. Il a été opéré le lendemain. Une balle déformée et aplatie a été extraite. L'affaire avait causé un vif émoi, notamment chez les enseignants qui avaient exercé leur droit de retrait (1).
Hier, le professeur blessé, accompagné de son avocat, a assisté à la reconstitution, un large bandage sur la tête cachée partiellement par une casquette. Le blessé a précisé sa position et celle de son collègue au moment du coup de feu. Des éléments qui seront décisifs pour le reste de l'enquête.
Avant de commencer leur expertise, les gendarmes ont expliqué hier que le projectile extrait leur avait été confié. « On part avec la balle à Paris. » Pour ce qui est du travail qu'ils allaient exécuter dans la salle informatique, rien n'avait été fixé à l'avance et cela devait dépendre de la scène qu'ils découvriraient. « On peut tendre des ficelles ou utiliser un laser pour reconstituer la trajectoire de la balle » , expliquait le commandant de gendarmerie Mikaël Petit.
Dernière pièce du dispositif : quatre soldats du 9e Rima (Régiment d'infanterie de marine), munis de détecteurs de métaux, ont été appelés en soutien par le procureur. À eux la charge de retrouver la douille de la balle qui a blessé l'enseignant.
(1) S'estimant toujours en danger dans l'établissement, les professeurs du collège Paul-Kapel ont prolongé leur droit de retrait, hier.
(Sébastien Roselé)
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