Les gendarmes à la recherche d'un complice
France-Antilles Téléchargez l'application France-Guyane Installer

La radio 100% Caraïbes
MONTSINÉRY-TONNÉGRANDE & MACOURIA

Les gendarmes à la recherche d'un complice

Bernard DORDONNE / B. D.
Jean-Luc Miatti et Lucia Deel vivaient au premier étage de cet immeuble à Soula 2 (BD)
Jean-Luc Miatti et Lucia Deel vivaient au premier étage de cet immeuble à Soula 2 (BD)

L'enquête se poursuit, après la découverte d'un cadavre calciné, ce week-end près de la crique Coco. Le meurtrier a probablement prémédité son geste et bénéficié de l'aide d'un complice.

L'affaire de la voiture retrouvée brûlée avec un corps totalement calciné sur le siège passager, samedi, entre le sentier du bagne des Annamites et la crique Coco, est encore une énigme pour de nombreuses personnes. Selon une source judiciaire, le corps calciné sur le siège passager serait celui d'Évelyne Lucia Deel, âgée de 41 ans. L'autopsie qui sera pratiquée demain devra confirmer cette hypothèse. Les enquêteurs sont à la recherche de son compagnon, Jean-Luc Miatti, 48 ans. Ils le soupçonnent d'avoir tué sa compagne. Des investigations sont également menées pour trouver d'éventuels complices qui auraient aidé le meurtrier dans sa basse de besogne.
LE LIEU DU CRIME EST AILLEURS
Hier, plusieurs témoins rencontrés à Soula 2 où habitait le couple, nous ont confié que Jean-Luc et Évelyne Lucia sont allés danser vendredi soir. C'est au cours de cette soirée que les choses auraient dégénéré. Ils supposent qu'une grosse dispute a éclaté au sein du couple et que Jean-Luc, décrit comme colérique et violent, a asséné un coup de fusil à sa compagne.
L'arme a été retrouvée calcinée à côté de la voiture brûlée.
Selon un gendarme, Évelyne Lucia n'a pas été tuée route de Tonnégrande, au lieu-dit Les Maripas. Le meurtrier l'aurait abattue ailleurs puis aurait amené le corps à cet endroit pour le faire brûler avec la voiture du couple. En tout cas, il s'agit bien d'un acte prémédité, car celui qui a exécuté cette tâche avait amené beaucoup d'essence avec lui. « Le corps a été entièrement calciné, à tel point que les spécialistes en identification criminelle n'ont pas trouvé d'ADN exploitable afin d'identifier formellement le corps. Son sexe n'a même pas pu être déterminé. Nous ne connaissons pas les causes du décès » , avait indiqué le procureur de la République lundi.
Les enquêteurs étudient aussi la piste d'un présumé complice. En effet, si le meurtrier a agi seul, il aura dû parcourir plusieurs kilomètres pour s'enfuir. Selon cette hypothèse, il est impossible qu'il n'ait pas été vu en train de marcher sur la route par un automobiliste ou un cycliste. Dans le cas contraire, l'auteur de ce terrible crime a été aidé. L'appel à témoins, avec les photos de Lucia Deel et de Jean-Luc Miatti, lancé mardi par les enquêteurs de la section de recherches de la gendarmerie, devrait porter ses fruits.
Tout renseignement sur Jean-Luc Miatti et Lucia Deel devra être communiqué à la gendarmerie de Macouria au 05 94 38 88 68.
Pour une de ses amies, « le corps calciné est celui de Lucia »
Surveillante au lycée de Balata, Évelyne Lucia Deel vivait une relation difficile avec Jean-Luc Miatti, selon ses proches.
Hier, à Soula 2 - commune de Macouria - où résidait le couple, l'absence de Lucia et le drame de sa disparition ont attristé toutes les personnes rencontrées à la résidence Les Alpines. Le couple habitait là depuis un peu plus de deux ans, rue Chawari. Les noms du couple sont encore affichés sur la boîte aux lettres posée à l'entrée de l'immeuble B2. Évelyne Lucia Deel et Jean-Luc Miatti habitaient au premier étage, avec leurs trois enfants âgés de 14 ans, 12 ans et 7 ans, ainsi qu'avec un enfant d'Évelyne Lucia issu d'une précédente relation. Hier, le parquet a délivré une ordonnance de placement des trois enfants mineurs. Ils ont été pris en charge par l'Aide sociale à l'enfance (Conseil général) et placé dans une famille d'accueil à Soula.
« C'est triste, cette affaire, confiait une voisine face à l'immeuble où vivait le couple. Je la voyais sur son balcon en train de coiffer des gens. » « C'était ma tatie. Ma mère était en pleurs quand elle m'a annoncé la nouvelle. Elle voulait m'emmener à l'église avec elle » , continue un jeune homme, qui ne comprend pas ce qui est arrivé à sa tante.
Lucia était assistante de vie scolaire au lycée professionnel de Balata, à Matoury, depuis deux ans et son retour de l'Hexagone. Elle faisait des jobs de coiffure pour arrondir ses fins de mois. En plus des trois enfants qu'elle a eus avec Jean-Luc, elle avait trois enfants d'une précédente relation, âgés de 19, 21 et 24 ans. Pour Cynthia, une amie d'enfance de Lucia, la nouvelle a été très dure à avaler : « Nous avons été élevées ensemble à Apatou, chez M. Amayota. Elle était gentille. C'est triste. On va prier pour elle. »
Lucia Deel était assistante de vie scolaire au lycée Balata (DR)
Lucia Deel était assistante de vie scolaire au lycée Balata (DR)
« ON SAVAIT QUE ÇA ARRIVERAIT »
Kathia, une bonne amie du couple, révèle : « Évelyne ne serait jamais restée sans donner de nouvelles. Évelyne, c'était le prénom français qu'elle avait choisi pour venir en Guyane. Elle est d'origine Surinamienne. Elle a vécu de longues années à Kourou. C'est elle, le corps calciné dans la voiture. Toutes les personnes qui connaissaient le couple savaient que cela allait arriver un jour. Jean-Luc est violent. J'ai appelé Évelyne vendredi, car on devait faire un pique-nique dimanche. C'est elle qui devait préparer le repas. Je l'ai rappelée vendredi soir, mais elle ne m'a pas répondu jusqu'à maintenant. »

Édition spéciale :
Rétro 2025

Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique

Voir la boutique

Suivez l'info en temps réel
sur l'appli France-Guyane!

Télécharger