En avril, le conseil général a donné le nom de Joseph Ho-Ten-You au pavillon d'entrée de l'ancien hôpital Jean-Martial. L'inauguration est prévue dans quelques semaines (photo d'archives)
Hier matin, la nouvelle a cueilli à froid la classe politique, de droite comme de gauche. À 72 ans, Joseph Ho-Ten-You, président du conseil général - de 2001 à 2004 - est décédé des suites d'une longue maladie.
« Un grand homme, généreux et sage » , lâche Antoine Karam, la gorge nouée par l'émotion. Les deux hommes, amis à la vie comme sur la scène politique, ont fait beaucoup de chemin ensemble. Marie-José Lalsie, secrétaire générale du Parti socialiste guyanais en veut pour preuve le travail réalisé quand Ho-Ten-You était à la tête du Département et Karam à la Région. « La Guyane a avancé d'un même pas » , explique-t-elle. Elle s'empresse de préciser que Joseph Ho-Ten-You n'a jamais été adhérent au PSG mais « un grand sympathisant » . Il a ainsi pris part à beaucoup de conventions et congrès du parti, tout en gardant sa liberté.
« L'UN DES PLUS GRANDS PRÉSIDENTS APRÈS ÉLIE CASTOR »
Une liberté qui lui a permis d'endosser le rôle de l'homme des consensus. Tous s'accordent sur ce point. « Un homme simple, ouvert et de dialogue » , poursuit Marie-José Lalsie. « Il était toujours à la recherche du consensus, au-delà des clivages politiques » , indique Antoine Karam. Même son de cloche chez Rodolphe Alexandre qui précise qu'il « était capable, par son tact et sa finesse, de rassembler, et d'obtenir de personnalités opposées, le consensus sur des questions a priori clivantes » .
C'est certainement ce trait de caractère qui lui a permis d'accéder à la tête du Département en 2001, lui qui était d'une nature discrète. « Il n'était pas très expansif » , se souvient Louis Bièrge, qui l'a d'abord fréquenté sur les bancs de l'école et chez les scouts avant de le retrouver à la présidence du conseil général. Christian Porthos, lui, parle d'un homme ayant « une vision claire » . Le conseiller général de Montsinéry-Tonnégrande se dépêche de compléter. « C'était l'un des plus grands présidents après Élie Castor » .
Après avoir abandonné en 2008 son mandat à la mairie de Rémire-Montjoly, Joseph Ho-Ten-You ne s'est pas représenté aux cantonales en 2011. « Son sens de l'intérêt général, son implication consciencieuse, son affabilité, sa discrétion, sa bonne humeur ont marqué, selon Christiane Taubira, ministre de la Justice, l'exercice de ses mandats électifs » (lire ci-dessous) . Même dans sa profession de chirurgien-dentiste, « ti kong » , comme beaucoup l'appelaient affectueusement, n'a pas laissé indifférent.
Communiqué de C.Taubira
« Joseph Ho Ten You est un ami de longue date. Je me faisais une joie de le revoir courant septembre, à l’occasion de la cérémonie que le Conseil général avait prévue pour l’attribution de son nom au futur Musée des Cultures et Mémoires guyanaises, et j’avais dû y renoncer à cause de la période de réserve.
Je me disais c’est partie remise.
Son sens de l’intérêt général, son implication consciencieuse, son affabilité, sa discrétion, sa bonne humeur ont marqué l’exercice de ses mandats électifs, aussi bien à Rémire-Montjoly qu’à la présidence de l’Exécutif départemental.
Ces qualités le distinguaient déjà dans son activité professionnelle.
J’éprouve une profonde tristesse de le savoir parti, et j’adresse mes condoléances et toute ma sympathie à sa famille. »
Ch. Taubira
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