Elle était « une fille assez étonnante » , se souvient avec enthousiasme l'évêque de Guyane, Monseigneur Lafont. « Elle » , c'est Sophie Morinière. En juillet 2013, elle avait atterri en Guyane en compagnie d'une délégation parisienne de pèlerins catholiques. Une escale de quelques jours avant de gagner Rio de Janeiro pour participer aux Journées mondiales de la jeunesse. Un gigantesque rassemblement de fidèles auquel Sophie n'arrivera pas. Le mercredi 17 juillet, elle meurt dans un accident de la route entre Saint-Laurent et Mana. Dimanche, après deux jours de rencontres, de prières et d'enseignements catholiques, l'Église de Guyane honorera la mémoire de Sophie en ornant une stèle d'une croix sur les lieux de l'accident, au PK 194. En présence de ses parents, Béatrice et François, de la ministre de la Justice, Christiane Taubira, et d'une centaine de jeunes catholiques de Guyane. Valérie Fourneyron, ministre des Sports à l'époque de l'accident et proche de la famille Morinière, sera présente. Dès ce matin, ces jeunes croyants venus de tout le département se réunissent à Saint-Laurent. Pendant trois jours, ils vont recevoir des enseignements prodigués par l'évêque, assister à des messes, échanger autour de leur foi. Béatrice et François Morinière, qui arrivent aujourd'hui à Cayenne, se joindront à eux demain. Hier, un an jour pour jour après le décès de Sophie, des messes en sa mémoire ont été célébrées à Paris et à Lyon. Dimanche, à midi, ce sera donc au tour de la Guyane. « Sa mort a fait naître quelque chose dans nos coeurs » , assure Soraya Xavier, membre organisatrice de la délégation guyanaise aux JMJ de Rio. « Ce furent des moments très difficiles » , se souvient-elle. Monseigneur Lafont ajoute : « Quand j'étais en Afrique du Sud, lorsque quelqu'un mourait, on disait : une lance est tombée, il faut la ramasser. » Et continuer, sans oublier. Morte un 17 juillet
L'étape guyanaise des catholiques participant aux Journées mondiales de la jeunesse à Rio de Janeiro ne devait être que joie, découverte, fête et communion. Ce fut un drame. Le mercredi 17 juillet 2013, Sophie Morinière meurt sur le bord de la route, entre Saint-Laurent et Iracoubo.
Sophie est âgée de 21 ans. Elle vient de passer quelques jours à Saint-Laurent du Maroni en compagnie de ses camarades de la délégation parisienne. Le 17 juillet, peu avant 7 heures, la délégation s'engouffre dans un bus à destination de Kourou. L'accident survient moins d'une heure plus tard.
Alors qu'il s'engage dans une descente, non loin du PK 194, un poids lourd qui transporte un engin de chantier se déporte sur la voie de gauche. Il vient percuter le car. Sous le choc, toutes les vitres volent en éclat. Dans l'habitacle du car éventré règne la confusion. Les moins touchés viennent au secours de leurs camarades blessés. Étendu sur les marches, à l'entrée du car, le corps de Sophie. Elle a été projetée lors de l'impact. Elle est secourue par une camarade, interne en médecine.
Sophie respire encore.
Dix ambulances, dont trois militaires, et deux fourgons de secours routiers rejoignent les pompiers au PK 194. Malheureusement, il est déjà trop tard pour Sophie, dont le pouls s'est arrêté de battre.
Trois autres personnes ont été blessées grièvement : le chauffeur du car, un Saint-Laurentais âgé de 56 ans, celui du poids lourd, un Cayenais de 37 ans, ainsi qu'un passager du car.
T. F.
L'enquête toujours en cours
À Cayenne, le procureur de la République, Ivan Auriel, rappelle que l'enquête sur les causes et circonstances de l'accident qui ont entraîné la mort de Sophie Morinière est toujours en cours. Une information judiciaire a été ouverte pour homicide involontaire. Le chauffeur du poids lourd a été mis en examen, bien que ses examens toxicologiques n'ont révélé aucune trace d'alcool ou de substance illicite. « Aujourd'hui, nous cherchons à savoir s'il y a eu une défaillance mécanique au moment de l'accident, si le poids lourd était en bon état » , explique le procureur. Selon toute vraisemblance, lorsque l'enquête sera achevée, un procès se tiendra à Cayenne.
HOMMAGES
Aujourd'hui
- 8h30 à midi : Après l'accueil des jeunes des communes d'Apatou et de Saint-Laurent et la prière du matin, les participants au festival « Holy day's » (jour sacré) vont suivre un enseignement et une formation puis prendre part à des ateliers de travail en groupe, le tout dirigé par l'évêque de Guyane, Monseigneur Lafont.
- Midi : Messe animée par les jeunes de Kourou.
- 15h30 : Mission d'évangélisation dans les quartiers et villages de Saint-Laurent.
- 20h30 : Veillée de prière à l'église de Saint-Laurent.
Demain
- 10 heures : Enseignement/Formation par Monseigneur Lafont.
- 10h45 à 13 heures : Mission d'évangélisation dans les rues de Saint-Laurent.
- 16h30 : Partage et échanges avec les parents de Sophie Morinière.
- 20h30 à 23h30 : Soirée festive au stade B.
Dimanche
- 8h30 à 10 heures : Messe au Bon Pasteur en homage à Sophie Morinière, animée par la pastorale des jeunes de Saint-Laurent.
- Midi à 13 heures : Commémoration du souvenir de Sophie Morinière et pose d'une croix sur une stèle installée sur le leu de l'accident, au PK 194. En présence de Christiane Taubira, garde des Sceaux, et de Valérie Fourneyron, ancienne ministre des Sports.
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