Une adolescente poursuivait le prévenu avec un sabre. Deux policiers l'ont interpellée, mais le jeune homme les a agressés.
Le 14 avril, les policiers de la Bac (brigade anti-criminalité) sont appelés à intervenir dans un quartier périphérique de Cayenne : une adolescente armée d'un sabre voulait s'en prendre à un homme âgé de 23 ans. Elle le poursuivait pour venger son petit frère, qui avait été victime de moquerie de sa part. Arrivés sur les lieux, les deux policiers interpellent la jeune fille mais ils sont pris à partie par le jeune homme.
Cela commence par des insultes, puis par des coups avec une bouteille en verre, et des coups de poing. Un déchaînement de violence qui oblige les policiers à utiliser leur matraque. À la barre, le prévenu se montre arrogant et se présente comme une victime des policiers. « Ils m'ont insulté. S'ils avaient fait leur travail pour désarmer la fille, cela ne se serait pas produit. Ils m'ont poussé à réagir. Pourquoi ils ne sont pas là ? Je demande que les gens qui m'ont agressé soient là! »
LA MÈRE ACCUSE LES POLICIERS
En réponse à l'absence des policiers à l'audience, le président du tribunal brandit la photo d'un d'eux, la figure ensanglantée. Il a eu six jours d'interruption de travail.
Dans la salle, la mère du prévenu réagit. Elle a envoyé une lettre au tribunal dans laquelle elle accuse les policiers de violences sur son fils. Elle veut porter plainte. Des accusations accompagnées de photographies. Invitée à montrer les violences, les clichés qu'elle fournit ne montrent que l'attitude agressive de son fils, constate le président.
Le ton monte. Le prévenu coupe la parole au président, vociférant que même lui (le président), peut aller en prison et qu'il n'a pas à le juger.
Lors de ses réquisitions, le procureur souligne la gravité des faits. Les deux policiers ayant été sérieusement blessés alors qu'ils intervenaient pour interpeller la jeune fille. Cette dernière répondra de son comportement devant le tribunal pour mineurs.
Pour le procureur, « il y a la nécessité d'un gros travail d'éducation pour que le prévenu respecte la loi » . En conséquence, il requiert quatre ans de prison dont deux avec sursis, assortis d'une mise à l'épreuve. Finalement, Grantly Manou est condamné à dix-huit mois de prison dont douze mois avec sursis. Il est maintenu en détention.
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