Deux heures du matin, dimanche de Pâques, à Cogneau-Lamirande. Une soirée, version sound system, se déroule chez un particulier résidant dans ce quartier populaire de Matoury. Il y a là une bonne centaine de personnes venues s'amuser. Brutalement, autour de la maison, l'ambiance se dégrade. Une rixe éclate entre plusieurs participants. Des coups de feu sont tirés, à plusieurs reprises. Un mineur de 17 ans s'écroule après avoir reçu trois balles dans la poitrine. Les invités s'affolent. Aussitôt, le sound system se vide. À leur arrivée sur place, les secours pratiquent des soins intensifs pour tenter de sauver le jeune homme, en vain. Son décès est constaté à trois heures. La police technique et scientifique arrive sur les lieux et effectue un maximum de prélèvements. Des impacts de balles sont relevés, dont un à l'intérieur de la maison. Mais les indices ne permettent pas de déterminer avec certitude le nombre de tirs. Ni s'il y a eu échange de coups de feu. Selon les informations fournies par le parquet, les gendarmes ont auditionné un ou deux témoins. Hier, en début de soirée, aucun suspect n'avait été interpellé. Mais l'enquête débute tout juste. Un quartier oublié
À Cogneau-Lamirande, hier, lundi de Pâques, on ne parlait guère de ce fait divers. « La plupart des gens veulent vivre tranquilles ici » , nous déclare un homme d'une cinquantaine d'années, qui habite non loin du lieu du drame. Il a « entendu parler du meurtre » . Il sait que « ça s'est passé juste à côté de l'église des Nazaréens » . Mais il n'en dira pas plus.
Plus loin, face à l'épicerie chinoise, devant un impressionnant mur de boîtes aux lettres, une dizaine de jeunes discutent, à pied ou assis sur un scooter.
Installé sur une immense superficie, entre Balata et le bourg de Matoury, Cogneau-Lamirande est un quartier où misère et insalubrité côtoient des villas de standing. En voiture, on roule plus souvent sur des chemins défoncés où on se dit que les amortisseurs sont une belle invention. Routes impraticables, fils électriques qui pendent, décharges au coin des rues, pollution rampante...Beaucoup d'habitants se sentent abandonnés. Mais ils ne veulent pas se plaindre. « Nou pa lé problem » , nous répond-on poliment...
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