Antilles : une année de tous les records dans la traque aux narcotrafiquants
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Antilles : une année de tous les records dans la traque aux narcotrafiquants

Par Christophe VERGER c.verger@agmedias.fr
Pour lutter contre le narcotrafic, les forces armées aux Antilles s'appuient sur les moyens de la Marine nationale qui forme leur composante aéromaritime.
Pour lutter contre le narcotrafic, les forces armées aux Antilles s'appuient sur les moyens de la Marine nationale qui forme leur composante aéromaritime. • MINISTÈRE DES ARMÉES - ©SERGE CHARMOILLAUX/MARINE NATIONALE/DÉFENSE

Pour la deuxième année consécutive, les forces armées aux Antilles ont battu un record de saisies de stupéfiants. Avec 35,7 tonnes interceptées en 2025, elles confirment l'intensification de la lutte dans cette zone maritime stratégique, devenue une autoroute majeure du trafic mondial.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : après une année 2024 record (28 tonnes), les FAA ont encore franchi un cap en 2025. Les dix saisies réalisées cette année représentent un tonnage colossal de cocaïne et de cannabis, démontrant l'ampleur du trafic qui traverse l'arc antillais et l'efficacité redoublée des dispositifs de lutte. La zone d'action des FAA est immense : 138 000 km², soit deux fois la superficie de la mer Méditerranée. Cette vaste étendue, s'étendant des côtes de la Floride à la pointe nord du Brésil, constitue un carrefour critique pour les flux de stupéfiants. Partant des pays producteurs d'Amérique du Sud (Colombie, Venezuela, Pérou…), les cargaisons empruntent des routes multiples à destination de l'Amérique du Nord, de l'Afrique ou de l'Europe.

Pour acheminer leur marchandise, les organisations criminelles diversifient leurs vecteurs. Deux profils dominent : les " Go Fast ", petits navires sur-motorisés et rapides, et les " slow-movers ", plus lents mais à la capacité d'emport bien plus importante, comme les porte-conteneurs, navires de pêche ou voiliers.

Une année 2025 marquée par des coups de filet spectaculaires

La chronologie des saisies de l'année 2025 illustre une activité soutenue. Elle a été marquée par des opérations majeures, comme celle du lundi 6 octobre avec 7,1 tonnes de cocaïne interceptées, ou celle du samedi 12 juillet (4,9 tonnes). Au total, ce sont 31,78 tonnes de cocaïne et 3,94 tonnes de cannabis qui ont été soustraites du marché. Chaque saisie représente un coup dur porté aux finances des réseaux et une perturbation significative de leurs chaînes logistiques.

Pour traquer ces navires, les FAA déploient les moyens de la Marine nationale. Leur arsenal comprend notamment le patrouilleur Antilles-Guyane (PAG) La Combattante, des hélicoptères Panther embarqués et la capacité d'engagement d'équipes spécialisées d'intervention maritime (ESIM). L'œil dans le ciel est assuré par un avion de patrouille maritime Falcon 50, essentiel pour la détection à longue distance. Ces moyens sont adaptés pour intercepter aussi bien les " Go Fast " furtifs que les gros porteurs.

La clé du succès : une coordination à 360 degrés

L'efficacité des FAA ne repose pas seulement sur la force militaire. Elle s'inscrit dans un cadre rigoureux d'action de l'État en mer (AEM), sous l'autorité conjointe du préfet de Martinique, M. Etienne Desplanques et du commandant supérieur des FAA, le contre-amiral Jean-Baptiste Soubrier. C'est cette chaîne de commandement qui valide et engage les interventions. En amont, le renseignement est primordial. Les FAA s'appuient sur les informations de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) et de l'Office antistupéfiants (OFAST). En aval, la coopération avec la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Fort-de-France permet de " judiciariser " les saisies et d'apporter une réponse pénale durable.

Une alliance internationale incontournable

Dans un espace aussi vaste et international, l'action isolée est vouée à l'échec. Les FAA travaillent donc en étroite symbiose avec des partenaires étrangers. Le pilier de cette coopération est la Joint Interagency Task Force-South (JIATF-S) américaine, basée à Key West, qui coordonne le renseignement dans toute la zone. Elles collaborent également avec le centre européen MAOC de Lisbonne. Cette toile partenariale s'étend aux États riverains via le Regional Security System (RSS), qui mutualise les moyens de sept États insulaires des Caraïbes et via des relations bilatérales fortes avec des pays comme la Colombie, la République dominicaine, le Royaume-Uni ou les Pays-Bas.

Le bilan 2025 des FAA démontre que la lutte contre le narcotrafic dans les Antilles est un combat de haute intensité, permanent et évolutif. La performance record enregistrée est le fruit d'une stratégie globale associant moyens militaires de pointe, coordination interministérielle exemplaire et coopération internationale approfondie. Un modèle intégré qui s'avère plus que jamais nécessaire pour contrer des réseaux criminels transnationaux et hyper-adaptatifs.

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