800 kilos en provenance du Brésil saisis en Normandie après un "drop off"
Une opération d'envergure menée dans la nuit de jeudi à vendredi a permis de démanteler un réseau structuré d'importation de cocaïne, a-t-on appris de source proche de l'enquête. Les trafiquants utilisaient la méthode dite du " drop-off ", qui consiste à larguer en mer des ballots de drogue depuis des cargos, avant qu'ils ne soient récupérés discrètement par des embarcations de pêche.
Selon les premières informations, la cocaïne saisie provenait du Brésil, pays devenu ces dernières années un point de transit majeur pour les flux de stupéfiants à destination de l'Europe. L'opération a mobilisé d'importants moyens aériens et maritimes, et s'inscrit dans un contexte de renforcement de la lutte contre les trafics par voie maritime, en plein essor sur les côtes françaises. Car les narcotrafiquants redoublent d'ingéniosité pour contourner les dispositifs de surveillance dans les grands ports européens. Parmi les techniques en vogue : le "drop-off", une méthode qui consiste à larguer des ballots de drogue en haute mer, récupérés ensuite par des complices à bord de bateaux plus discrets.
Cette vaste opération antidrogue menée en Normandie s'est accompagnée d'un second volet maritime d'envergure. Un cargo parti du Brésil, soupçonné d'avoir convoyé plusieurs centaines de kilos de cocaïne jusqu'au large des côtes françaises, a été intercepté et dérouté vers le port de Dunkerque, alors qu'il faisait initialement route vers Amsterdam. Les 22 membres d'équipage, tous de nationalité philippine, ont été placés en garde à vue, tandis que le navire faisait l'objet d'une inspection minutieuse par les autorités douanières et judiciaires.
Dans un communiqué, Frédéric Teillet, procureur de la République de Rennes, s'est félicité de cette saisie qu'il qualifie de "première en France". « Cette opération marque un tournant. C'est la première fois que l'on parvient à établir matériellement une importation de cocaïne via la technique du drop-off, jusque-là connue principalement à travers les nombreux ballots échoués sur les plages », a-t-il déclaré.
Selon la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Rennes, six hommes, dont trois marins-pêcheurs, ainsi que deux femmes ont été interpellés au Havre, à Tancarville (Seine-Maritime) et à Ouistreham (Calvados). Les suspects, âgés de 26 à 49 ans, présentent pour certains des antécédents judiciaires pour vols aggravés, violences, infractions liées à la pêche ou trafic de stupéfiants.
Cette saisie confirme une tendance observée depuis plusieurs mois : l'intensification du recours aux routes maritimes secondaires pour faire entrer la cocaïne en Europe, loin des grands terminaux portuaires désormais étroitement surveillés.

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