Dans ce type d’opération chirurgicale, « il ne faut pas dépasser six heures entre le moment de l’accident et l’opération. Les chances de réussite dépendent beaucoup du délai de transport », affirme le docteur Lu, le chirurgien orthopédiste qui a réalisé avec succès, il y a un an, la complexe greffe de la main du jeune homme, victime d’un accident de quad. Une opération qui aura nécessité sept heures d’intervention.
SANS RÉACTIVITÉ, LA GREFFE N’AURAIT ÉTÉ POSSIBLE
« Il y a eu plusieurs tentatives avant que je réussisse une opération de ce type », affirme-t-il. Le jeune homme de 17 ans est donc le second patient dans le département a jouir d’une greffe d’un membre réussie, après un pompier, dont le pouce avait été amputé. Pour le chirurgien, c’est d’autant plus un exploit et une « fierté » étant « dans un département comme la Guyane, dans lequel il manque beaucoup de moyens, de matériels. C’est une immense satisfaction. Ce succès n’aurait été possible sans l’excellent travail du Samu, des anesthésistes, du bloc de réanimation ainsi que des infirmières et des rééducateurs », confie humblement le docteur Lu. « Nous pouvons réussir en Guyane des opérations pointues », s’enthousiasme Dominique Delpech, directeur du centre hospitalier Andrée-Rosemon. Afin d’assurer la réussite de ce type de greffe, réalisée sous microscope, plusieurs conditions doivent être réunies. « Lors d’un accident, le membre arraché doit être conservé immédiatement dans une glacière, sans contact avec la glace afin de ne pas brûler les tissus. L’arrivée rapide à l’hôpital est primordiale pour tenter ce type d’intervention chirurgicale. Dans le cadre de cette opération, c’est le Samu 973 qui a permis une prise en charge rapide du patient par hélicoptère », précise la direction.
PAS DE RISQUE DE REJET
Cette greffe ne présente aucun risque de rejet car il s’agit d’une autogreffe. Autrement dit, le donneur et le receveur sont la même personne. Il existe cependant le risque que les connexions ne reprennent pas correctement avec le membre greffé. Pour cette raison, le chirurgien privilégie les réseaux nerveux et vasculaires. « Le membre peut se nécroser si les connexions ne reprennent pas correctement. Les connexions qui permettent l’afflux sanguin sont fondamentales », précise Marie-Lise Brucker, directrice de la communication au centre hospitalier avant d’ajouter que « les chirurgiens ne peuvent pas restaurer l’ensemble du système nerveux, c’est pourquoi des soins post intervention et une longue période de rééducation sont nécessaires ».
* Pour éviter de heurter la sensibilité des plus jeunes, nous avons préféré ne pas la publier la photo de la main arrachée.
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