« Le problème, c’est la maîtrise du français »
Le recteur , Florence Robine, évoque les résultats scolaires et la prochaine rentrée .
On ne peut pas nier qu’ils sont un peu en retrait par rapport à l’an dernier. Mais nous sommes sur un faible nombre d’élèves, donc la réussite ou l’échec de quelques-uns fait rapidement bouger les chiffres. Les pourcentages cachent aussi un certain nombre de réussites, comme les mentions très bien. Ces résultats sont honorables compte tenu du contexte de l’académie. En dix ans, nous avons doublé le nombre de bacheliers. Et on a un taux de poursuite après le bac comparable au niveau national: environ 70%.
Nous sommes en retrait de quelques points par rapport à l’an dernier. Mais le brevet n’est pas le meilleur moyen d’avoir une vision juste du niveau au collège.
Ça reste faible. Là aussi, il est difficile de tirer des indications générales puisqu’on fait des moyennes, y compris avec les jeunes arrivants. Nous avons des poches de difficultés scolaires. Mais nous avons aussi des établissements qui ont des résultats conformes aux attentes. Le problème, c’est la maîtrise du français.
Les intervenants en langue maternelle seront-ils maintenus?
Ce dispositif me semble important. Je souhaite le faire perdurer et le développer. Les intervenants ont pour mission de structurer les apprentissages dans la langue de l’enfant. Toutes les études internationales montrent qu’il vaut mieux découvrir les apprentissages de base dans sa propre langue. Cela facilite le passage au français. Un second point est important : je souhaite aider les enseignants à faire face à cette difficulté. Nous allons lancer un certain nombre de dispositifs que je présenterai à la rentrée.
Pourquoi le dispositif était-il remis en cause?
C’est une expérience unique en France. La difficulté était de trouver un statut à des personnes qui, parfois, ont des diplômes étrangers. L’institution n’a jamais fait de difficultés sur le fond, ni sur le coût. C’est un problème de statut administratif. Je crois qu’on a été entendu par le ministère et qu’on pourra les embaucher sur un statut plus durable.
Je me suis adressée à Pôle Emploi et à tous les chefs d’établissement pour recenser les candidatures de tous les personnels ayant les diplômes pour enseigner (niveau licence pour être contractuel, ndlr). Il est aussi possible de candidater sur le site de l’académie (www.ac-guyane.fr). C’est une première entrée dans le métier. Ensuite, je souhaite les aider à préparer le concours (pour être titulaire). En particulier dans les disciplines très déficitaires comme le français et les mathématiques.
Sur le premier degré, l’ouverture de 159 nouveaux postes promis par le ministère nous a permis de pourvoir tous les postes par des titulaires. Je crois que c’est une première en Guyane. Pour le second degré, le concours ne dépend pas de nous. Le déficit constaté les années précédentes sera à peu près le même (20 % de postes non pourvus avec les titulaires, ndlr). Il faudra faire appel à des contractuels. Beaucoup ont donné satisfaction ces dernières années.
Nous accueillerons 1 200 élèves de plus en primaire et ouvrirons 52 classes. Dans le second degré, nous attendons 1 072 élèves de plus, dont 350 au lycée.
Je dois reconnaître que de gros efforts ont été faits. Nous avons eu trois nouveaux lycées. À la rentrée, Max-Joséphine devient un lycée de plein exercice et il y aura le lycée Castor. Nous avons un collège en prévision pour l’année suivante (Soula). Nous avons reçu une subvention de 9, 4 millions d’euros du ministère de l’Outre-Mer, pour la construction et la rénovation d’écoles primaires. Nous allons lancer les chantiers le plus vite possible. Et nous continuons aussi de profiter du contrat de plan État-Région. Il ne faut pas relâcher l’effort.
Faut-il réorganiser l’occupation des locaux?
À titre personnel, je suis assez opposée à la double vacation (une salle accueille une classe le matin, une autre l’après-midi). Cela induit des rythmes préjudiciables pour l’enfant. En revanche, je suis ouverte à débattre des rythmes scolaires. En Guyane, cela prend tout son sens du fait de l’absence de restauration scolaire, des journées continues et des problèmes de transport scolaire. Dès la rentrée, nous réunirons tous les partenaires pour en discuter.
Sur deux pages, nous définissons trois objectifs cohérents avec le projet académique. Il y a notamment des objectifs chiffrés sur la réussite des élèves. Beaucoup portent aussi sur l’assiduité et l’organisation de l’enseignement. Ce contrat sera accessible sur le site internet des écoles et sur celui de l’académie.
C’est une mauvaise idée. Ce que je mets en oeuvre, ce sont des groupes de compétence. On identifie les points forts et les points faibles des élèves et on les réunit ponctuellement pour un travail ciblé sur ces problèmes. On adapte l’enseignement. Mais en aucun cas on ne crée des ghettos avec les élèves ayant de grandes difficultés.

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