Mercredi 25 juillet, Albina 2, repaire de
garimpeiros situé face à Maripasoula. Seuls une demi-douzaine de
touristes sont attablés, canette de bière brésilienne à la main, à
la terrasse de Chez Nelly, l'hôtel-restaurant emblématique de cette
base arrière de l'orpaillage clandestin. Les garimpeiros sont loin.
Ils se tiennent prudemment à l'écart de l'agitation gendarmesque
depuis le meurtre de deux militaires à Dorlin.
Derrière le bar, la vingtaine pimpante et
de petites lunettes de bûcheuse sur le nez, Thays Almeida essuie
les verres et devise en portugais avec une parente. Manoelzinho, le
chef de la bande soupçonné d'avoir tué les militaires ? Elle en a
entendu parler. Mais n'a pas vu grand-chose. Elle s'explique : « Je
suis revenue pour les vacances. Je faisais mes études. » À Cayenne
? Sur le littoral ? Non : « À Marseille. » Son interlocuteur
écarquille les yeux, jauge, flaire la blague. Quelles études ?
Khâgne : la classe préparatoire aux grandes écoles
littéraires.
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