En début de semaine dernière, suite à plusieurs actes de violence, les enseignants de Contout et Michotte organisaient un rassemblement sur le parking pour interpeller les pouvoirs publics (photo d'archives)
Une réunion relative aux violences scolaires se tient ce matin en préfecture. Il y sera surtout question de répression. On devrait donc y parler assez peu de prévention, une question pourtant au coeur des préoccupations (1) .
La réunion d'aujourd'hui sur les violences scolaires a en partie été décidée suite aux événements des dernières semaines aux abords du collège Auxence-Contout et du lycée Michotte à Cayenne (lire nos précédentes éditions).
Interrogé sur le sujet, Alain Pochard, le principal du collège, se dit opposé à une présence policière importante à la sortie des cours. Pour lui, les solutions sont à chercher ailleurs, dans la prévention des risques. Selon le chef d'établissement, la configuration des lieux joue un rôle important : « Nous sommes sur une grande avenue (l'avenue de la République) avec beaucoup de passages. Nous avons un parking tout en longueur où se croisent piétons, cyclistes, scooters et voitures, cela crée le risque. » Selon le chef d'établissement, un réaménagement des lieux pourrait peut-être diminuer les risques de violences. Il a d'ailleurs interpellé les pouvoirs publics sur ce sujet et se dit plutôt confiant : « on aura des réponses » .
Ce réaménagement, Christian Porthos, vice-président du Conseil général chargé de l'éducation et donc des collèges, n'y est pas forcément favorable. « Que pouvons-nous faire comme aménagement ? Je suppose que nous avons fait tout ce qu'il fallait, je ne vois pas trop ce qu'on peut apporter de plus. Nous n'allons pas transformer les collèges en prison. »
L'ORIGINE DU MAL
Mais la prévention, c'est aussi, et avant tout, identifier les origines de cette violence. Là-dessus, le principal comme le conseiller général s'accordent pour évoquer des causes « sociétales » . « Cela vient d'abord de la manière dont les enfants perçoivent la violence, comment ils l'ont appris au sein de la famille, estime Alain Pochard. Il y a tout un travail à faire en famille et cela, ce n'est pas le rôle de l'école. »
Christian Porthos, lui, n'hésite pas à mettre aussi en cause la nature même de l'enseignement. Il cite pêle-mêle les programmes, les méthodes pédagogiques et les rythmes scolaires qui ne seraient pas adaptés aux réalités locales. Il regrette aussi le turn-over important des enseignants et le manque de psychologues, d'assistantes sociales et d'infirmières scolaires. Autant d'éléments qui mèneraient, selon lui, à l'échec scolaire et, par effet boule-de-neige, à la violence. « Nous sommes tous responsables. À nous de mettre en place une grande réflexion au sein de la société » , conclut l'élu.
(1) Participeront à cette réunion, autour du préfet, le recteur, le commandant de gendarmerie, le directeur de la sécurité publique, la PJJ et le Sdig (ex-RG).
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