À moins de 18 ans, acheter de l’alcool : rien de plus simple
Il n’est pas rare de voir des jeunes installés devant les commerces de proximité, bouteilles à la main . Pourtant, la vente d’alcool est interdite aux mineurs . Nous avons demandé à deux jeunes de tester l’efficacité de cette interdiction.
Deuxième test. Cette fois-ci, nous nous rendons dans une cité de Cayenne. L’épicerie est nichée au rez-de-chaussée d’un bâtiment aux murs tagués. Quelques mètres plus loin, trois canettes et près d’une dizaine de bouteilles de marques différentes jonchent le sol.
Le commerce est quasiment vide en cette fin d’après-midi. Nos deux jeunes hommes rentrent. Devant l’armoire réfrigérante, ils prennent le temps de regarder les différentes boissons qui leur sont proposées. Derrière sa caisse, le vendeur jette un coup d’oeil dans le grand miroir qui surplombe les rayonnages. Lilian et Henry se décident pour une seule bouteille. Le passage en caisse est rapide. La monnaie rendue, ils sortent. Nous faisant passer pour un acheteur, nous nous approchons de la caisse : « Vous ne leur demandez pas de pièce d’identité pour leur vendre de l’alcool ? » Le caissier lève les yeux « C’est comme ça dans la cité, les jeunes viennent tout le temps acheter de bouteilles ou des cigarettes. C’est peut-être pour son papa. » « Mais si ce n’est pas pour son papa ? » Le vendeur se cache alors derrière un paresseux : « Mo pa savé… »
Mais le vendeur ne peut ignorer la loi. Selon la législation (L3353-1 du Code de la santé publique) « La vente (de même que l’offre à titre gracieux, ndlr) à des mineurs de boissons alcooliques est punie de 7 500 euros d’amende […]. Le fait de se rendre coupable de l’une des infractions prévues au présent article en ayant été condamné depuis moins de cinq ans pour un délit prévu au présent chapitre est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. »
La dernière épicerie que nous visitons est la plus intéressante. Et pour cause : elle se situe à quelques pas d’une école élémentaire et d’un collège. Là, on ne peut pas se servir tout seul. Nos ados tests ont prévu de bien spécifier, cette fois, au vendeur qu’il s’agit d’alcool pour leur consommation personnelle.
Près de la caisse, des notes ont été apposées « Vente d’alcool interdite aux mineurs », mais aussi « La bière, c’est de l’alcool ». Et pourtant… Notre ado de quinze ans demande une bouteille d’une marque particulière. Son jeune ami rétorque qu’il préférerait une autre marque, ajoutant au vendeur : « C’est pour nous deux, on va partager ». Avant de tendre la bouteille à Lilian 11 ans et Henry 15 ans, le commerçant ne demandera qu’une chose : « Une grande ou une moyenne ? »

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