Des prix toujours élevés dans les supermarchés : « Rien n'a changé en un an, c'est même pire ! »
Depuis un an, les prix ont augmenté de 0,8% en Martinique selon l'Insee. Une hausse que les consommateurs ont bien perçue. Sont-ils pour autant prêts à se mobiliser ? Croient-ils en l'utilité de nouvelles actions populaires ?
«Rien n'a changé en un an, c'est même pire », lâche Marie-Christine à la sortie d'un hypermarché de Fort-de-France. Chaque mois, cette Foyalaise dépense entre 200 et 300 euros en alimentation pour elle et sa mère. « Je me rappelle qu'à une époque, j'arrivais à me faire plaisir en faisant les courses avec le même budget. Aujourd'hui, j'achète tout juste ce qu'il me faut », confie-t-elle, deux sacs de courses sur les épaules.
« J'utilise tout mon salaire pour vivre »
Quelques mètres plus loin, Lucien dresse le même constat : « Avec mon métier, je suis amené à beaucoup bouger en voiture et à manger dehors. Et je le vois. Si en moyenne, l'année dernière, je dépensais 30 euros par jour, aujourd'hui je suis bien à 50 euros entre la nourriture et l'essence », raconte ce géomètre en partant prendre son déjeuner. « À une époque, j'arrivais à épargner. Aujourd'hui, j'utilise tout mon salaire pour vivre, et je suis même parfois obligé de piocher dans mon épargne tous les six mois », explique-t-il.
Un an après les premières actions menées, dans la rue, contre la vie chère, cet état de fait conduit à s'interroger sur l'utilité d'une mobilisation populaire.
Saynne, jeune pâtissier, a manifesté en 2024 pour demander à ce que les prix en Martinique soient alignés avec ceux de la métropole. « J'entends que les gens ne voient pas de changement tout de suite sur leur note de course et qu'ils râlent parce qu'il y a eu des dégâts pendant le mouvement », conçoit-t-il. « Mais ce n'est pas terminé, la bataille continue », lance-t-il encore plein d'espoir.
Mépris
Lucien, quant à lui, affiche son scepticisme. « Ils auront beau manifester, faire entendre leur mécontentement, les choses resteront comme elles sont. Il faut faire avec », avoue-t-il, défaitiste.
Emily, étudiante, dresse, pour sa part, un bilan différent. « On le sait, les prix n'ont pas baissé, la vie ici n'est pas moins chère. En revanche, ce qui a changé, c'est notre regard, nous les jeunes, sur tout ça », explique-t-elle.
« J'ai vu, et surtout pris conscience, du mépris avec lequel ceux qui décident des prix nous ont traités. Nos parents nous le disaient, on le savait, mais on ne voulait pas écouter », avoue celle qui s'apprête à suivre des études d'infirmière dans l'Hexagone.

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