Quel a été le sens de votre intervention ?
Ce qui intéressait la Région, c'est d'avoir un retour d'expérience sur l'impact de l'exploitation du nickel et dans quelle mesure cela pouvait faire écho aux questions qui se posent ici dans la perspective de structuration du secteur minier. J'ai expliqué comment on génère des retombées et comment on les accompagne, comment s'organisent le volet capitalistique et le retour des dividendes, la place des petites entreprises à côté des grosses ou encore l'appropriation par la population. Concrètement, comment tout cela s'organise ?
On a plusieurs situations. Nous avons un certain nombre de mineurs sur le territoire et surtout trois sociétés métallurgiques avec des structurations d'actionnariat différentes. Dans le Nord, la province est majoritaire à 51%. Dans le Sud, on a deux situations, l'une avec une minorité de blocage à 34% et l'autre où la part de la province est à 5%. Ici, on parle beaucoup d'une répartition à 51% pour l'État et 49% pour les collectivités. Demander 51% pour la Guyane, afin d'augmenter les retombées, est-ce réalisable ?
Tout est réalisable, mais en soi ce n'est pas tellement le sujet. Les retombées, c'est de la fiscalité et du dividende mais c'est surtout, derrière, de l'emploi et de la sous-traitance. Le nickel, en Nouvelle-Calédonie, c'est plus de 7 200 emplois directs et indirects, et 15 000 emplois induits. Tout cela, c'est de la retombée. En se basant sur votre expérience, quels sont les facteurs de succès pour la future société publique minière de Guyane ?
Le premier, c'est d'avoir une réelle appropriation locale. Un projet qui n'est pas suffisamment réfléchi et partagé en amont ne sera pas approprié. Pendant la durée de vie du projet, il faut un dialogue permanent, sinon on est dans l'incompréhension, il faut de la transparence. L'appropriation locale, c'est aussi que Monsieur tout le monde puisse trouver sa part dans l'activité, dans la remontée de dividendes éventuellement.
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