Pour Gauthier Horth (micro en main), il est urgent de développer les formations en lien avec le secteur minier (ASM)
Hier avait lieu une réunion de concertation des professionnels en vue de la création de la société publique minière de Guyane. Elle a été l'occasion de mettre en exergue les points faibles à travailler.
Services de l'État, professionnels de la filière minière et des filières connexes, défenseurs de l'environnement, représentants du patronat et des collectivités étaient réunis hier matin dans un hôtel cayennais pour faire le point sur la future compagnie nationale des mines de Guyane. Durant près de quatre heures, il a été question des aspects juridiques et financiers de la société publique, du développement de la filière, mais aussi des points faibles auxquels il va falloir s'attaquer rapidement.
Le premier handicap de la filière minière concerne les ressources humaines et la formation. « On a des besoins en formation, de l'ingénieur à l'électricien » , explique Gauthier Horth, président de la FedomG, fédération des opérateurs miniers de Guyane. « Il existe quelques formations, comme le bac pro logistique, mais elles ne sont pas en lien avec le secteur des mines. » Pour le préfet, Éric Spitz, il s'agit là d'un chantier prioritaire pour lequel il faudra adapter les cursus scolaires et la formation professionnelle. Cette compétence est entre les mains de la Région, dont aucun élu n'était présent hier.
DE GROS BESOINS EN ÉNERGIE
Le deuxième chantier auquel il va falloir s'attaquer est celui de la production d'énergie. Selon les estimations, les besoins de la filière seront de 35 mégawatts en 2020 et de 65 mégawatts en 2025. La construction d'une seconde centrale hydroélectrique ne suffira donc pas. « Il va falloir penser au mix énergétique » , a lancé le préfet qui annonçait son intention de demander à la Région l'organisation d'assises de l'énergie.
Enfin, le manque d'infrastructures se fera aussi très vite sentir si les projets de développement de la filière se concrétisent. La difficulté d'accès aux sites miniers est notamment pointée du doigt, d'autant qu'elle freine les possibilités de développement des bassins de vie autour des sites en question.
La création de la compagnie nationale des mines de Guyane devrait permettre d'aider à résoudre ces problèmes mais elle ne le pourra pas à elle seule. De l'avis de plusieurs intervenants, il faudra que les collectivités, aidées par l'État, investissent dans le développement des infrastructures et des formations. La future collectivité unique est attendue au tournant.
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