Services publics : les députés exigent des colis postaux moins chers
Deux à trois fois plus chers pour l'Outre-mer par rapport à l'Hexagone, les tarifs des colis postaux ont connu une augmentation considérable depuis la crise du Covid.
Des colis dont les frais d'envoi dépassent largement la valeur du contenu, des taxes perçues deux voire trois fois sur un même produit, des limitations en poids qui excluent de fait plusieurs catégories de biens de consommation et des " frais de dédouanement " mystérieux et de plus en plus onéreux : cela fait bien des années que le " service postal universel " a du plomb dans l'aile dans l'Outre-mer.
" La notion de service public a-t-elle encore un sens ?, s'interroge avec indignation le député martiniquais (LFI) Jean-Philippe Nilor, auteur d'un rapport sur ce sujet pour la délégation aux Outre-mer de l'Assemblée nationale. "La Poste, en imposant des frais de gestion injustifiables et en entretenant volontairement une grande opacité autour des tarifs des colis postaux, renforce la vie chère ! Au lieu de rendre sa mission de service public, elle en profite pour faire des bénéfices sous le regard bienveillant de l'Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse)," s'insurge-t-il.
Le " service postal universel " est pourtant un secteur fortement réglementé.
En 2021, l'Arcep a consenti – contrairement à ce qui avait prévalu jusque-là – à une augmentation des tarifs des colis postaux en provenance ou à destination des collectivités ultramarines de plus de 20%. Justification de l'époque : l'augmentation des coûts du fret au niveau mondial, après la crise du Coronavirus.
" Il n'y a aucun obstacle à l'extension Outre-mer de la péréquation du service postal," plaide le député (LFI) de la Réunion, Jean-Hugues Ratenon, co-rapporteur de la délégation aux Outre-mer et auteur d'une proposition de loi sur le sujet. "La mise en place de cette péréquation, c'est-à-dire la répartition des surcoûts sur l'ensemble des usagers du service public – comme c'est le cas pour l'électricité par exemple – ne coûterait que quelques centimes par colis. En l'absence de contraintes financières ou même juridiques, on voit bien que c'est un choix politique ! Au détriment de l'égalité, " précise-t-il.
Une " injustice ", une logique " coloniale ", en un mot, de la " pwofitasyon " de la part de la Poste et de l'État qui perçoit les taxes de manières indues : les élus de la délégation aux Outre-mer n'ont pas de mots assez durs pour qualifier l'écart de prix pratiqué sur les colis entre ces territoires et l'Hexagone. " Qu'il s'agisse de la loi vie chère, du projet de loi de finances, du comité interministériel des Outre-mer (CIOM) de juillet prochain, nous exigerons à chaque fois que ce sujet soit mis à l'ordre du jour ! ", promet la députée (GDR) de la Réunion Karine Lebon.
Au fil des années, plusieurs syndicats et des collectifs citoyens s'y sont attelés, mais, faute de coopération des pouvoirs publics justement, la mobilisation contre le prix exorbitant des colis postaux ultramarins n'a jamais abouti. En Nouvelle-Calédonie ou en Polynésie, les tarifs sont si élevés qu'ils en deviennent carrément dissuasifs.

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