C'est en extérieur que les élus de la majorité ont adopté un avis défavorable au décret Lurel (TF)
Réunis hier en assemblée extraordinaire, les conseillers régionaux ont émis un avis défavorable sur le projet de décret qui vise à réglementer le prix des carburants et le fonctionnement des marchés de distribution.
Moins d'une heure de discussion a suffi pour qu'évolue l'opinion de la majorité des conseillers régionaux sur le projet de décret dit « Lurel » . D'un « avis favorable » agrémenté de « réserves » , les élus ont fini par adopter une position radicalement opposée. Les dix-neuf représentants de la majorité présents se sont donc prononcés défavorablement envers le texte qui vise à réglementer le prix des produits pétroliers et le fonctionnement des marchés de distribution. Prudente, l'opposition composée du MDES (mouvement de décolonisation et d'émancipation sociale) et de Walwari a préféré s'abstenir.
Dès l'ouverture des débats, peu après 9 heures, il a semblé évident que plusieurs élus ne savaient pas sur quel pied danser. La plupart des intervenants, le président Rodolphe Alexandre en tête, ont salué la volonté du gouvernement de faire montre « d'une plus grande transparence » dans le dossier. Néanmoins, l'absence de garantie d'une diminution des prix à la pompe et du maintien des emplois dans les stations-service a également été soulignée.
Par ailleurs, les discussions ont porté sur l'obligation de s'approvisionner en carburant raffiné selon les normes européennes, ainsi que sur le monopole de la Sara. Un problème qualifié d'idéologique pour Marc Monthieux (MDES), tandis que Boris Chong-Sit le considère davantage comme d'aspect « pratique » .
Georgina Judick-Pied (opposition) est la première conseillère à émettre une opinion tranchée. « Si on rend un avis favorable, peu importe les réserves, l'Histoire ne retiendra que le fait qu'on a voté pour le décret » , lance-t-elle. Boris Chong Sit renchérit : « Plus j'y réfléchis, plus je suis pour qu'on prononce un avis défavorable. Car ce décret ne répond pas aux attentes des consommateurs. » Finalement, c'est lors d'une suspension de séance quelque peu surréaliste qu'une décision a été prise.
À l'extérieur du bâtiment, un débat s'est instauré entre les élus de la majorité. Telle une équipe de basket-ball pendant un temps mort, c'est réunis en cercle qu'ils ont fini par se laisser convaincre par les arguments de Boris Chong-Sit. Un « avis défavorable » qui a déjà dû atterrir sur le bureau du ministre des Outre-mer, Victorin Lurel.
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