La CTG menace de rompre l'actuelle DSP aérienne
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ECONOMIE

La CTG menace de rompre l'actuelle DSP aérienne

Gaëtan TRINGHAM (g.tringham@agmedias.fr)

Le président de la CTG, Gabriel Serville, menace de dénoncer la délégation de service public aérienne si l'offre globale Cafom emporte la reprise du groupe Caire.

Jeudi 21 septembre, les offres de reprise d'Air Guyane et Air Antilles, toutes deux filiales du groupe Caire, ont été analysées par le tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre.

On a appris ce jour-là que l'offre de Guyane Fly, portée par les frères Louison, a été immédiatement écartée. « Le procureur a refusé de requérir sa recevabilité et qu'elle soit transmise au tribunal », précisait Me Ilan Muntlak, avocat du Comité social et économique (CSE) du groupe Caire à la sortie de l'audience. Il s'agissait pourtant de l'unique offre qui proposait de reprendre de manière distincte Air Guyane et ses 78 salariés. Cette offre était également favorisée par les employés.

"La Guyane ne saurait être une simple variable d’ajustement"

Interpellé par l'UTG Air Guyane pour son manque d'implication dans le dossier, le président de la Collectivité territoriale de Guyane, a finalement adopté une position un peu plus claire le 21 septembre, en fin de séance plénière : "Une offre globale n'aura pas le soutien de la collectivité territoriale de Guyane", déclarait Gabriel Serville.

Et alors que l'offre de Guyane Fly venait d'être rejetée la CTG a fait suivre un communiqué le lendemain, 22 septembre. La CTG reproche ici au ministère public de mettre en danger la continuité territoriale assurée jusque-là par une délégation de service public attribuée à Air Guyane. "La position adoptée par le ministère public fait peser sur cette continuité un risque d’autant plus fort que Guyane Fly était le seul en position de s’appuyer sur des perspectives sérieuses d’obtention des autorisations administratives dans un délai raisonnable."

Gabriel Serville indique par ailleurs  "qu’une offre ne garantissant pas la reprise intégrale de l’emploi local n’aura pas le soutien de la Collectivité Territoriale de Guyane." Le président se dit également hostile " à toute solution qui ne reposerait pas sur un schéma d’autonomisation de l’activité guyanaise."

L'offre globale portée par Cafom est visée. Le communiqué de la CTG indique à son sujet qu'elle  "n’apporte nullement les garanties de solidité économique ni de préservation de l’emploi local que nous sommes en droit d’attendre en tant que délégant du service public. La Guyane ne saurait être une simple variable d’ajustement dans une offre globale."

 

 

Menace sur la DSP

Gabriel Serville continue : " Dans les cas où la solution adoptée rétablirait une situation dans laquelle une société unique régirait en même temps les actifs de l’ex-société CAIRE situés aux Antilles et en Guyane, la Collectivité Territoriale de Guyane privilégiera avant tout les intérêts guyanais et n’aura pas d’autre choix que d’envisager la dénonciation de l’actuelle délégation de service public aérien." En d'autres termes, la CTG menace de ne plus payer les 8,5 m d'euros qu'elle subventionne chaque année dans le cadre de la DSP, si l'offre de Cafom est sélectionnée par le tribunal le 29 septembre prochain. Une manière de dire aussi que si Air Guyane est repris par Cafom, la DSP pourrait être attribué à une autre entreprise.

En réaction à ce communiqué, le groupe d'opposition de la CTG, Unis & Engagés, reproche au président : "Si vous aviez véritablement pris la mesure de ce qui était en train de se passer, et si vous aviez vraiment voulu agir, vous auriez pu prendre l’exemple de Saint‐Martin et proposer que la Collectivité s’associe aux porteurs privés de l’offre Guyane Fly en participant au capital de la société. Vous auriez pu faire voter en urgence l’apport de garanties financières de la Collectivité, qui, jointes au dossier Guyane Fly, auraient pu influencer positivement la décision du tribunal de commerce de Pointe‐à Pitre [...] Pour ce faire, encore aurait‐il fallu que ce point soit inscrit à l’ordre du jour d’une assemblée plénière. Or, l’Assemblée de Guyane jamais été saisie de cette question, et aucune stratégie de participation de la collectivité à la résolution du problème d’Air Guyane n’a été proposée aux élus qui y siègent."

Des questions se posent désormais sur la manière dont sera assurée la continuité territoriale avec les aérodromes de l'intérieur dans les prochaines semaines et prochains mois.

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