La crise du Golfe impactera l’économie du Suriname
Les prix du pétrole grimpent et les conséquences arrivent pour l’économie du pays voisin. Le gouvernement vient d’accepter une hausse des prix des carburants, mais assure garantir sa stabilité future
Les événements en cours vont avoir des conséquences majeures sur l’économie mondiale. Au Suriname, le premier effet porte sur le prix des carburants. La question posée est celle de la durée de la crise et de la capacité à y faire face sur un temps long.
Le prix du litre d’essence passe à 48 SRD et le diesel à 53. Converti en euros, cela donne un prix un peu au-dessus d’un euro le litre. Attention aux comparaisons hâtives, qui diraient que ce n’est pas cher par rapport au prix de la Guyane. Il faut, en effet, ramener ce prix au contexte du revenu des ménages locaux. Le prix d’un euro le litre revient, dans les faits, à l’équivalent d’une heure de salaire de base. On comprend mieux l’impact de cette hausse. Le gouvernement assure maintenir ce prix, même s’il doit avoir recours au retour des subventions sur les carburants qui avaient été supprimées dans le cadre de l’accord avec le FMI. Savoir combien de temps cette subvention pourra être financée en est sans doute l’enjeu majeur. La sortie de cette mesure sera politiquement compliquée si la poursuite de la hausse l’impose.
Ce retour à l’interventionnisme sur l’économie se justifie par le contexte très dégradé et la nécessité de maintenir le pouvoir d’achat et la paix sociale. Le gouvernement se trouve ainsi face à une demande de financement supplémentaire, alors qu’il tient déjà à bout de bras l’équilibre du taux de change. In fine, le retour des subventions sur le diesel signifie aussi le retour au financement indirect du secteur aurifère informel. Ce secteur, on le sait, consomme énormément de gasoil, dont une grande partie se dirige vers le Maroni et ses chantiers aurifères de chaque côté du fleuve. C’est un paradoxe pour un gouvernement qui expose ses difficultés à recouvrer les taxes sur l’or produit.
La crise mondiale de l’énergie va générer des hausses sur les coûts de logistique et, pour un pays dépendant à 90 % des importations, l’impact s’annonce dur. La hausse des prix à la consommation, décuplée par des effets opportunistes, va constituer une nouvelle atteinte à un pouvoir d’achat déjà réduit à peau de chagrin. Pour le fonctionnement de l’économie locale, les apports de matières premières seront, eux aussi, plus chers, tout comme les prix de l’énergie électrique et du gaz.
Définitivement, les années qui séparent le Suriname de l’arrivée des bénéfices de la manne pétrolière seront accomplies comme les pas du funambule sur sa corde.

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