Samedi matin, 130 socioprofessionnels ont écouté François Hollande à la mairie de Cayenne (ASM)
Face aux socioprofessionnels réunis samedi matin en mairie de Cayenne, François Hollande s'est engagé à soutenir l'économie guyanaise sans toutefois faire d'annonce forte comme certains l'espéraient.
« Aujourd'hui, il est temps de dépasser la volonté et passer à l'action. » La réaction de Gauthier Horth, président de la Fédération des opérateurs miniers de Guyane, au discours de François Hollande, samedi matin à la maire de Cayenne, résume la teneur de l'intervention du chef de l'État. Face à un parterre de 130 socioprofessionnels, le président de la République a en effet surtout exprimé la volonté de l'État mais sans la traduire par des annonces concrètes.
Avant son intervention, François Hollande a écouté les doléances de quatre représentants des sociopros : Gauthier Horth, Valérie Vanoukian, représentante des très petites entreprises (TPE), Joëlle Prévot-Madère pour la CGPME et Jean-Paul Le Pelletier, président de la CCIG. Tous quatre ont mis l'accent sur les difficultés des entreprises guyanaises à se développer face aux réglementations européennes, à la fiscalité, à l'accès restreint aux marchés publics ou encore aux carences de la formation professionnelle.
HUIT MILLIONS POUR LE TRÈS HAUT DÉBIT
En réponse, le chef de l'État est surtout revenu sur les mesures déjà prises par son gouvernement comme le compte individuel de formation, le crédit d'impôt compétitivité ou la création de la Banque publique d'investissement (BPI). Ces mesures, selon lui, devraient entrer dans une phase active dès le premier janvier 2014. Il s'est prononcé en faveur de la coopération régionale, sans toutefois entrer dans le détail et a surtout promis de favoriser l'accès des entreprises locales aux commandes publiques, notamment pour les TPE. « Si dans les faits, c'est mis en place, alors ce sera un véritable gain pour nos entreprises et le début, peut-être, d'un développement beaucoup plus stable » , s'est réjoui Valérie Vanoukian tout en précisant qu'il convient maintenant de s'assurer que cette promesse sera bien suivie d'effet.
Le président de la République s'est aussi engagé, pour tout l'Outre-mer, à protéger certaines filières comme l'agriculture, à dégager des financements pour l'économie sociale et solidaire et à accompagner la transition énergétique. La seule promesse chiffrée pour la Guyane concerne l'économie numérique : un crédit de huit millions d'euros « pour accélérer le développement du très haut débit » .
Enfin, il a conclu son intervention en revenant sur la lutte contre la pêche clandestine et l'orpaillage illégal, là encore en rappelant surtout les dispositifs déjà en place et, pour l'orpaillage, en se prononçant en faveur de l'installation des opérateurs légaux.
Rencontre avec Fioraso sur l'université
Samedi après-midi, alors que François Hollande se dirigeait vers Mana, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche a rencontré l'intersyndicale et le collectif étudiant en préfecture pour évoquer l'avenir du pôle universitaire guyanais. Face à la situation de blocage qui se dessine au Pug, la ministre a tenu à se montrer à la fois ferme et rassurante. Elle s'est notamment engagée à faire respecter, par les instances de l'UAG, les décisions prises quant à l'affectation des postes promis à la Guyane pour la rentrée prochaine. Geneviève Fioraso a aussi voulu rassurer les anciens grévistes quant au décret de création de l'université de Guyane. « Le projet de décret est en préparation, il sera soumis au cours du mois de janvier et j'espère qu'on pourra aboutir à une publication de ce décret dès la fin du premier trimestre 2014 » , a assuré la ministre. Les discussions ont aussi tourné autour des moyens donnés à l'administratrice, Anne Corval, pour assurer sa mission. Geneviève Fioraso a promis de lui envoyer des renforts afin qu'elle puisse notamment mettre en place rapidement le directoire, sujet sensible entre l'administratrice et l'intersyndicale. Cette dernière a semblé rassurée par les propos de la ministre. « Elle nous a assuré que le directoire ne serait pas influencé, pas soumis aux instances de l'UAG, que son fonctionnement serait autant que possible étanche vis-à-vis de ces instances » , a précisé Laurent Linguet, porte-parole de l'intersyndicale. Malgré tout, pas question, pour la ministre, de monter les pôles les uns contre les autres : « L'UAG a une composante antillaise qui a une histoire avec la Guyane. Il y aura toujours des liens et des formations complémentaires. Donc je demande aussi à la Guyane, dans le projet qu'elle va construire, de prendre en compte ces liens. »
A.S.-M.
Geneviève Fioraso à la préfecture. (ASM)
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ÉCHOS
Valérie Trierweiler adoptée
(ASM)
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Situation à la fois cocasse et touchante, samedi midi à Kourou, devant la Maison d'accueil spécialisé. Une dame a demandé à Valérie Trierweiler de bien vouloir tenir son petit garçon à ses côtés afin de pouvoir les prendre en photo. Le temps de poser et la maman avait disparu derrière les barrières. Sous les remarques d'un public qui lui conseillait gentiment de l'adopter, la première Dame a recherché pendant quelques instants, enfant à la main, où avait bien pu passer la maman. Tout cela s'est finalement bien terminé avec un petit garçon à peine troublé. La veille, la première dame avait visité le chantier de l'ancien hôpital Jean-Martial, à Cayenne, qui deviendra la Maison des cultures et des mémoires de la Guyane.
Les Hurleurs refoulés à Cayenne, mais présents à Maripasoula
(ASM)
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Après le grand rassemblement de vendredi soir aux Palmistes, les Hurleurs de Guyane ont voulu déployer une banderole dénonçant l'orpaillage illégal devant la mairie de Cayenne, samedi matin, avant l'arrivée de François Hollande à l'hôtel de Ville. Après quelques échanges courtois avec les renseignements généraux, les quelques militants présents ont été évacués manu militari par les forces de police. A Maripasoula, par contre, l'action des Hurleurs est allée jusqu'au bout. Pendant une dizaine de minutes, ils ont suspendu une banderole disant « Non à l'orpaillage illégal » , sur le château d'eau. La municipalité avait donné son aval à cette opération.
Sarkozy-Hollande : match nul
Côté chiffres, la comparaison de la visite de Nicolas Sarkozy (en janvier 2012) et celle de François Hollande n'est pas inintéressante.
L'ancien président se déplaçait avec un total de 500 collaborateurs (service de sécurité compris) alors que l'actuel président n'emmène avec lui « que » 150 personnes. Sarkozy explose Hollande. Mais côté journalistes, Sarkozy avait emmené une quarantaine de journalistes parisiens. Une soixantaine de journalistes de la capitale suit Hollande. Hollande devance Sarkozy. Match nul.
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