À 700 euros le T2, la Siguy ne trouve pas de locataires
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SAINT-GEORGES DE L'OYAPOCK

À 700 euros le T2, la Siguy ne trouve pas de locataires

Pierre-Yves CARLIER
Au lotissement Gabin de Saint-Georges, les appartements occupés sont rares. (PYC)
Au lotissement Gabin de Saint-Georges, les appartements occupés sont rares. (PYC)

Les quarante logements du lotissement Gabin, à l'extérieur du bourg, restent majoritairement vides depuis trois ans. En cause : le montant des loyers.

Mardi soir, lorsqu'il est arrivé au lotissement Gabin de Saint-Georges pour livrer ses cadeaux, le père Noël a eu intérêt à se repérer aux lumières. S'il a préféré frapper aux portes, il a perdu son temps : sur les quarante appartements, seuls quinze sont occupés.
Cela fait trois ans que ces logements de la Siguy restent vides. Pourtant, en juillet 2010, deux mois avant leur ouverture, le maire Fabienne Mathurin-Brouard soulignait que « Saint-Georges (avait) besoin de six cents logements pour satisfaire les besoins de la population » .
Le lotissement, baptisé « Anhinga » par la Siguy, devait regrouper une centaine d'appartements. Les quarante premiers ont été livrés deux mois plus tard. Ce sont les seuls. Seize autres sont quasiment terminés. Quant aux quarante logements sociaux attendus pour fin 2011, leur construction n'a repris que fin novembre. Le chantier était arrêté depuis trois mois.
En l'absence de réponse du service des constructions de la Siguy, difficile de savoir ce qui a pu causer un tel retard. Certes, l'opération était difficile : sur la même parcelle se trouvaient des constructions illégales que la mairie a voulu régulariser. La procédure n'est pas terminée. La Siguy a aussi dû rénover des logements de la défunte SA HLM : Bambous ainsi qu'Émilio Pascal 1 et 2. La commune doit aussi près de 500 000 euros à la Siguy, sur le budget des voiries et réseaux divers. Elle négocie actuellement son paiement avec le bailleur.
Enfin, il y a l'échec des premiers logements de Gabin. Personne ne veut y vivre, à cause du montant des loyers : 700 euros pour un T2, 800 euros pour un T3 et 900 euros pour un T4. Tout ça pour des logements situés à un kilomètre des premières maisons du bourg de Saint-Georges et à 1,7 km de la mairie et des commerces. Raymond Pierrier, gérant du lotissement à la Siguy, confirme que les loyers et l'isolement refroidissent les locataires : « Il ne se passe pas deux mois sans que je reçoive une demande de résiliation de bail. »
Le maire Fabienne Mathurin-Brouard indique avoir écrit à la Siguy pour qu'elle baisse ses tarifs. Les rares locataires veulent se constituer en association et demander une diminution de 150 euros. « À ce montant, on estime que les gens reviendraient » , explique une locataire. Selon Raymond Perrier, la Siguy envisage de réunir une commission de révision des loyers. Le bailleur est coincé : l'absence de locataires pèse sur sa trésorerie, mais une baisse des loyers l'obligera à rallonger ses emprunts.

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