[VIDEO] Jahyanai à La Cigale : « Je réalise une partie de mon rêve »
18 ans de carrière, des dizaines de hits : ce samedi 27 septembre, Jahyanai monte pour la première fois en solo sur la scène mythique de La Cigale à Paris. Un show annoncé comme intense, entre énergie, souvenirs et fierté guyanaise
Jahyanai montera pour la première fois en solo ce samedi 27 septembre, sur la scène de La Cigale à Paris. Cet événement symbolique vient couronner 18 ans de carrière. Avec des dizaines de hit, le rendez-vous parisien est une nouvelle occasion pour Jahyanai de mettre en avant sa terre natale. France-Guyane l'a rencontré dans son studio à Paris avant ce moment attendu.
"Donner un show de qualité au public"
S'il devait résumer son parcours en quelques mots jusqu'à cette fameuse date du 27 septembre 2025, l'artiste n'hésite pas : " Je dirais : la persévérance, et croire en ses rêves. Ce sont mes deux repères. Ça peut paraître bateau, mais en 2007 j'ai commencé pour rigoler, puis j'y ai cru, je me suis dit : vas-y on y va sérieusement. Aujourd'hui, c'est un peu la concrétisation de plusieurs années de travail. Ça fait plaisir de voir que j'ai encore beaucoup de soutien, ça me touche beaucoup. "
Interrogé sur le choix de La Cigale et ses 954 places pour cette représentation, une salle jugée " petite " par certains, Jahyanai assume pleinement cette stratégie : " C'est une question d'humilité. Il y a l'ambition, mais aussi la réalité du marché à prendre en compte. Je préfère commencer petit et bien faire, plutôt que viser trop grand et me casser la tête. L'important, c'est de donner un show de qualité au public. Que ce soit dans une boîte à chaussures ou une grande salle, ce qui compte, c'est ce que tu délivres. "
Après un été passé en Guyane, l'artiste revient à Paris avec une énergie renouvelée : " Toujours la même ! Le pays m'a reboosté. Quand je repasse en Guyane, je mange tellement de couac, tellement de wassai, tellement de choses du pays que je suis solide ! Plus sérieusement, je suis serein et en bonne santé. C'est essentiel pour aborder le rendez-vous. "
"La dancehall guyanaise est en train d'évoluer"
Quant au contenu du concert, il promet un moment intense : " Je veux transmettre de la nostalgie, beaucoup d'énergie et des souvenirs. La musique marque des moments dans l'espace-temps. Tu écoutes un son et tu te dis : ah ouais, j'étais au lycée quand je faisais ça. J'aimerais que ce concert devienne ce genre de repère pour beaucoup. "
Fort de ses 18 ans de carrière, il sait qu'une seule soirée ne suffira pas à retracer toutes les étapes. " On ne pourra pas tout faire en une seule soirée ! Et puis il faut garder en tête qu'ici, on n'est pas en Guyane, on est en France. À Paris, on ira à l'essentiel, quelques classiques, un show qualitatif. Mais le show à Cayenne n'aura rien à voir avec celui de Paris. "
Car les publics diffèrent. " Quand je vais en Guyane, je peux chanter certains titres comme Cocky Innah Belly, et ça explose direct. Mais à Paris, sauf en soirée guyanaise, ça ne prend pas pareil. C'est normal : la Guyane a son propre son, sa vibe. Il faut s'adapter au marché, tout en restant authentique. Quand j'écoute les nouvelles sonorités, la dancehall guyanaise est en train d'évoluer. On est dans un style plus trap et le côté raga laisse place petit à petit. C'est ça, l'évolution : vivre avec son temps. "
"C'est la passion qui m'anime d'abord"
Alors que le " Rude King " approche des vingt ans de carrière, son moteur reste le même : " C'est la passion. Ce n'est même pas le business. C'est vital pour moi. Si je ne fais pas de musique pendant une semaine, je me sens bizarre. J'ai des disques durs avec vingt heures de sons jamais sortis, juste parce que j'aime créer. Après, le business vient, mais c'est la passion qui m'anime d'abord. "
Quand on lui demande s'il compose différemment pour la Guyane ou pour l'international, Jahyanai refuse toute frontière dans sa musique : " C'est le public qui décide. Toi, tu proposes, et les gens prennent ce qu'ils veulent. Si tu commences à trop calculer, tu retires l'âme de ta musique. Des fois, un son que tu as sorti il y a des années peut revenir plus tard. Pendant le Covid par exemple, Friend ka fuck friend est ressorti de nulle part. C'est comme ça. "
À ceux qui évoquent une déconnexion depuis qu'il partage sa vie entre la Guyane et Paris, Jahyanai répond sans détours : " Franchement, non je me sens totalement connecté. Depuis 2012, je vis entre la Guyane et Paris, mais je ramène toujours la Guyane avec moi. Quand je fais Cocky Innah Belly, Es to pé fey, ou Sa to ka wè, je suis en France, mais je mets la Guyane dans ma musique. Je ne peux pas dire ‘La Guyane en grand' et être déconnecté. Ce n'est pas juste un slogan, c'est fédérateur. C'est un message d'espoir, ça dépasse la musique. Tu le vois dans le sport, dans la culture… C'est ma fierté : laisser plus que des sons, laisser des expressions, une mentalité. C'est ça la richesse pour moi. "
"Je réalise une partie de mon rêve"
Le concert à La Cigale de ce samedi 27 septembre s'annonce donc aussi comme un moment privilégié pour réaffirmer le lien qui unit la diaspora guyanaise de Paris à ses racines.
Jahyanai n'en oublie pas pour autant les jeunes de Guyane, auxquels il adresse un message avant de conclure : " Il faut rester positif et continuer de ‘transformer le sale en propre'. Je suis un peu une preuve vivante que la persévérance et l'acharnement payent. J'ai commencé à Macouria avec des freestyles, j'ai galéré, j'ai eu des hauts et des bas, mais je n'ai jamais abandonné. Et aujourd'hui, je réalise une partie de mon rêve. Comme je dis, ce n'est qu'une étape. On a dit qu'on partait à la conquête du monde, et tant qu'on a la santé, on y va. "
Le 27 septembre, à La Cigale, Jahyanai s'apprête à offrir un show chargé d'énergie et de souvenirs, un concert qu'il espère voir devenir un véritable repère pour son public.

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters