Tu as été élue le 11 juillet dernier. Tu approches des trois mois de règne : comment vis-tu ce début d'aventure ?
Je suis fière d'avoir été élue Miss Guyane 2026. J'apprends encore à être Miss Guyane, parce qu'on ne naît pas Miss, on le devient. C'est une superbe aventure qui a commencé et que je prends beaucoup de plaisir à la vivre.
Le soir de ton élection, l'émotion était au rendez-vous. Pourtant, tu confies aujourd'hui que tu espérais remporter la couronne. Tu y croyais donc ?
Sans le cacher, j'avais hâte et je m'étais préparée. C'est un rêve de petite fille que j'ai réalisé. Lorsqu'on participe à ce type de concours, le doute est toujours présent, mais une partie de moi pensait tout de même pouvoir être élue. L'aventure a été belle et je suis fière d'avoir remporté la couronne.
L'aventure Miss Guyane, puis Miss France, repose aussi beaucoup sur la sororité et le soutien entre les candidates. Quel est le plus beau souvenir que tu gardes de ces derniers mois ?
C'est une très belle aventure humaine. J'ai tissé des liens avec les autres candidates et je retiens beaucoup de moments de cette promotion, où la cohésion était vraiment présente. Je pense notamment à notre séjour à Saint-Laurent-du-Maroni avec le RSMA. Nous nous sommes dépassées, nous nous sommes soutenues et cette entraide était importante. C'est aussi ce qui rend cette aventure si belle.
Est-ce qu'il y a malgré tout eu des moments plus difficiles à vivre ?
On se dépasse énormément au cours de cette aventure. Il peut donc y avoir des moments de blues, mais ce que je retiens surtout, c'est la possibilité de grandir et d'apprendre sur soi-même. Grâce aux rencontres et aux différents coachings, prise de parole, cours d'automaquillage, stylisme, on apprend progressivement à devenir une femme et à mieux se connaître.
Dès le début de l'aventure, tu as souhaité mettre en lumière les troubles DYS, une cause qui te touche personnellement. Pourquoi était-ce important pour toi de porter ce combat ?
C'est une cause qui me tenait à cœur bien avant l'élection. J'ai été diagnostiquée dyslexique et dysorthographique à l'âge de 9 ans. Il m'a donc semblé naturel d'en parler et de mettre cette problématique en lumière, car elle reste encore trop souvent taboue.
Je souhaite expliquer ce que sont les troubles DYS, sensibiliser le public et, pourquoi pas, devenir un exemple pour les générations futures. J'aimerais montrer aux personnes concernées qu'elles peuvent croire en elles et réaliser leurs rêves.
Nous avions échangé avec ta première dauphine, qui nous expliquait combien cette aventure pouvait être exigeante. Qu'est-ce que cette expérience t'a appris sur toi-même ?
Je pars du principe que chaque statut que l'on occupe dans la vie mérite réflexion, car il comporte forcément des avantages et des inconvénients. La fatigue fait partie de l'aventure. Mais on entre progressivement dans ce mode de vie, on apprend à s'y adapter et, au fil du temps, cela devient notre quotidien. Cette expérience m'apprend à mieux me connaître, à repousser mes limites.
Quel message aimerais-tu adresser aux petites filles qui rêvent, elles aussi, de devenir Miss ou de réaliser un projet qui leur tient à cœur ?
J'aimerais leur dire de toujours croire en leurs rêves. C'est important de croire en soi, même lorsque le chemin est semé d'embûches, et de garder son objectif en tête. Pour ma part, j'ai écouté l'enfant qui était en moi et j'ai poursuivi ce rêve. J'encourage toutes les petites filles à faire de même.
Dans quelques semaines, tu partiras à la rencontre des autres Miss régionales pour préparer l'élection de Miss France. Dans quel état d'esprit abordes-tu cette nouvelle étape ?
J'ai hâte de partir ! Je n'ai ni peur ni stress pour le moment. J'ai toujours rêvé de voir cette émission en vrai, en direct, mais je n'en avais jamais eu l'occasion. Aujourd'hui, je vais pouvoir y participer et je suis impatiente.
Qu'aimerais-tu faire découvrir de la Guyane au public de Miss France ?
J'aimerais montrer toute la richesse de notre territoire. Mais ce qui me tient particulièrement à cœur, c'est notre multiculturalité. Elle se retrouve dans notre diversité linguistique, notre cuisine, notre musique et nos traditions.
Tu participeras à Miss France une année symbolique pour la Guyane, qui célèbre les dix ans du sacre d'Alicia Aylies. Est-ce une source de pression supplémentaire ?
J'espère que cela me portera chance ! Dix ans après Alicia Aylies, pouvoir représenter la Guyane à mon tour serait magnifique. Elle a eu un parcours formidable que j'admire beaucoup. Si j'ai l'opportunité de suivre ses traces et de remporter la couronne, ce serait un rêve pour moi.
Tu es désormais une personnalité publique et ton exposition va encore augmenter avec Miss France. Comment comptes-tu gérer le regard du public et les réactions sur les réseaux sociaux ?
Je considère que l'exposition liée à Miss France est dans la continuité de celle que je connais déjà en tant que Miss Guyane. Je m'y suis préparée et je continue à le faire. Je ne vois pas cette visibilité comme quelque chose de négatif, mais plutôt comme un avantage, une occasion supplémentaire de faire passer des messages et de défendre les causes qui me tiennent à cœur.
Le règne d'Angélique Angarni-Filopon a notamment été marqué par des épisodes de cyberharcèlement liés à son âge et à sa couleur de peau. Comment as-tu vécu cette situation ? T'a-t-elle amenée à réfléchir à l'exposition médiatique des Miss ?
J'ai suivi cet épisode de son règne. C'était une situation tragique et touchante, et je me suis mise à sa place. Je suis contre le cyberharcèlement. Au-delà de l'écharpe de Miss, nous sommes des êtres humains avant tout, avec des émotions et des sensibilités. Forcément, les attaques peuvent blesser. Je suis consciente qu'on ne peut pas plaire à tout le monde, mais je reste convaincue que la majorité des personnes nous soutiennent. C'est cela qu'il faut retenir et garder en tête.
Direction Saint-Martin
Cette année, les 31 candidates à l'élection Miss France s'envolent pour Saint-Martin, où elles participeront au traditionnel voyage de préparation.
Elles seront accompagnées par Hinaupoko Devèze, Miss France 2026, qui les guidera tout au long de ce séjour. Au programme : la découverte de l'île, de ses paysages, de son patrimoine et de sa richesse culturelle.
Ce voyage constitue une étape importante dans la préparation des candidates avant la grande soirée d'élection, prévue en décembre 2026. Pour l'heure, aucune date précise n'a encore été communiquée.
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