Vers l’UNESCO : la Guyane relance la candidature du Touloulou
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Vers l’UNESCO : la Guyane relance la candidature du Touloulou

Propos recueillis par Stéphane Floricien

« Nous devons faire du lobbying politique ! » : Monique Blérald revient sur l’enjeu du Touloulou.

Jointe avant de défiler en Nèg Marron ce dimanche à Cayenne, Monique Blérald, présidente de l'Observatoire Régional du Carnaval Guyanais (OCRG) nous explique la démarche de la nouvelle candidature du Touloulou guyanais à l’UNESCO.

L’OCRG se retrouvait samedi soir aux côtés de Dokonon pour un concours du meilleur Touloulou en région parisienne. Quel rapport avec sa nouvelle candidature d’inscription au patrimoine culturel mondial ?

Il y a un an, nous avons été auditionnés pendant 40 minutes par 15 personnes : des représentants de la commission nationale de l’UNESCO et du ministère de la Culture. Nous avions travaillé le dossier avec la Direction des Affaires Culturelles (DAC) de Guyane, ainsi qu’avec des techniciens du ministère de la Culture à Paris. Ils ont apprécié le dossier, mais le Biou du Jura [Ndlr : une fête viticole annuelle] a été retenu en 2024 comme candidat français à l’UNESCO pour 2026. Nous postulons de nouveau pour être le candidat français en 2028. Il nous faut donc présenter un dossier en 2026 avec de nouveaux éléments. Ce concours en fait partie. Nous voulons faire savoir que notre carnaval est riche et unique.

 

 

« Fournir des photos, des vidéos, des dessins d’enfants… »

 

Quel est le processus pour cette nouvelle candidature du Touloulou au patrimoine culturel mondial ?

Nous avons un an pour actualiser le dossier avec les éléments collectés en 2025 et le représenter en 2026. Cette fois-ci, les Martiniquais et les Guadeloupéens [Ndlr : le gwoka a été inscrit au patrimoine culturel mondial de l’UNESCO en 2009], en tant que DAF comme nous, nous parrainent. Ils ont l’expérience. Ce sont eux qui nous ont suggéré de nous représenter l’année prochaine parce que notre Touloulou est magnifique, il raconte toute l’histoire d’un peuplement.

Quel est le contenu du nouveau dossier ?

Nous respectons la convention 2003 de l’UNESCO. L’un des critères est de montrer que toute la communauté adhère au projet. Deuxième critère : démontrer que le Touloulou est un élément patrimonial reliant le passé, le présent et le futur. Enfin, troisième critère : prouver que le Touloulou est un élément vivant, qui se recrée en permanence, et que la tradition est dynamique et non figée.

Nous avons donc monté un dossier scientifique qui reprend tous les colloques, livres et publications valorisant ce patrimoine carnavalesque. Il nous faut élargir notre portée pour montrer que ce n’est pas un sujet guyano-guyanais. Nous sommes déjà allés au Bénin en 2019 et nous revenons de Chine, deux pays où le masque a une dimension plus spirituelle.

Monique Blérald lance un cri d'alarme : sans le soutien des politiques, la reconnaissance patrimoniale du carnaval de Guyane ne pourra avoir lieu (SM)
Monique Blérald lance un cri d'alarme : sans le soutien des politiques, la reconnaissance patrimoniale du carnaval de Guyane ne pourra avoir lieu (SM)

Ce n’est pas qu’une affaire scientifique ?

Nous avons aussi un dossier technique, composé d’attestations et de signatures recueillies auprès des politiques, des socio-professionnels, des artistes, des sportifs et des groupes de carnaval. Il faut fournir des photos, des vidéos, des dessins d’enfants…

Pour cela, nous avons créé la caravane du Touloulou, qui sillonne tout le territoire en quête d’actes de délibération, de récits d’enfants et de témoignages des aînés. Il y a aussi la caravane pédagogique, qui passe dans les écoles.

Je reviens du collège Just Hyasine à Macouria, où je travaillais avec le principal : ces collégiens et les étudiants de l’université vont participer ensemble à la parade de Macouria. [Ndlr : samedi 15 février à Soula].


« Pas suffisamment de soutien des élus politiques de Guyane »

 

Quels enseignements avez-vous tirés de l’expérience de 2024 ?

Nous avions le soutien d’Emmanuel Macron et du ministère des Outre-mer. Nous étions accompagnés du maire de Macouria, où est basé l’OCRG, et d’un représentant du Parc Amazonien, afin de bien positionner la Guyane dans son contexte amazonien.

Mais c’est le jeu politique : il y a eu des remaniements, et nous n’avions pas assez de soutien des élus guyanais, alors que ce sera à eux de capitaliser sur ce label UNESCO. Nous manquions d’actes de délibération.

Aujourd’hui, nous travaillons avec les Martiniquais, les Guadeloupéens et les Réunionnais, qui nous répètent « Faites du lobbying politique ! ».

Pour la yole ou le gwoka, leurs élus ont fait bloc, accompagnés d’un grand nombre de maires, sans tenir compte des clivages politiques. C’était une union sacrée.

En Guyane, nous ne sommes pas assez unis. En 2026, nous espérons que les maires joueront le jeu et que nous serons enfin soutenus !

 

Monique Blérald à la parade de Matoury avec le Prince de Matoury

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